25 avril 2010

Relaunch de Ultimate Spider-Man

La revue du Tisseur remet les compteurs à zéro ce mois avec la sortie de Ultimate Spider-Man #1.

Il y a quelque temps, l'univers Ultimate était malmené par Ultimatum, un évènement qui, sans beaucoup de panache, mettait un terme aux séries se déroulant sur la terre 1610. Six mois après le choc, les héros rescapés reviennent dans nos kiosques, et c'est Spidey qui ouvre le bal.
Au scénario, pas de surprise, l'on retrouve Brian Michael Bendis (Torso, Goldfish, Daredevil, Total Sell Out, House of M). Les dessins ont été confiés à David Lafuente. En moins d'un an, New York a bizarrement retrouvé bonne figure, les maçons américains ont certainement fait des heures supplémentaires. Le quotidien de Peter Parker a connu quelques changements radicaux. Le jeune homme ne travaille plus au Bugle mais dans un fast-food. Côté vie sentimentale, le Monte-en-l'air sort maintenant avec Gwen Stacy. Mais surtout, depuis le revirement de Jameson, Spider-Man est maintenant très populaire, notamment auprès des forces de l'ordre. Niveau guests, l'on retrouve le petit groupe qui gravite autour de Peter, Kitty Pryde et Johnny Storm en tête.

Quelques petits défauts au niveau de la forme sautent tout de suite aux yeux. Graphiquement tout d'abord, Peter ressemble parfois, sur certaines planches, plus à un enfant qu'à un ado. Niveau taille, il fait carrément une tête de moins que Johnny Storm, ce qui, me semble-t-il, n'était pas le cas auparavant. Plus embêtant, alors que Bendis est pourtant connu pour signer habituellement d'excellents dialogues, ceux-ci souffrent de répétitions assez étranges. Kenny va par exemple dire trois fois de suite "laissez-la tranquille", dans la scène suivante, c'est Gwen qui répète, de nouveau trois fois, "et je n'aime pas la foule". J'ignore quel effet était réellement recherché, mais cette "surcharge" textuelle paraît plutôt maladroite.
Sur le fond, difficile de voir aujourd'hui l'intérêt de l'univers Ultimate. Ce dernier avait été créé en partant de la fausse bonne idée qu'il serait plus simple d'accès, ce qui, plusieurs années après, se révèle évidemment faux. En tant qu'univers secondaire, l'on pouvait imaginer que les auteurs y seraient plus audacieux, mais là encore, l'on retrouve certains tics énervants du 616, notamment cette manie de toujours faire revenir tous les personnages censés avoir été expédiés ad patres. Et si l'un des attraits du 1610 était de mettre en scène un Spider-Man jeune, attaché aux fameux fondamentaux chers à Quesada, cela n'aura malheureusement pas suffi à épargner un massacre éditorial à son alter ego de l'univers classique. Du coup, l'on se demande bien ce qui justifie encore l'existence de cette série parallèle qui peine à retrouver la fraîcheur de ses débuts.

Un retour loin d'être réellement convaincant. Même si le récit n'est pas franchement mauvais, son intérêt, tout relatif, incite à bien réfléchir avant de se lancer dans la deuxième époque d'une gamme qui, malgré son potentiel, ne remplit pas le rôle innovant qui devrait être le sien.