09 février 2011

Marvel Monster : X-Factor

Sortie aujourd'hui d'un Marvel Monster accueillant Madrox et son équipe. Un retour de X-Factor forcément attendu.

Nous avions normalement l'habitude de retrouver X-Factor (suite de la série Madrox), dans le mensuel Astonishing X-Men. Après l'été 2010, le titre - pourtant l'un des meilleurs de la revue - avait cessé d'être publié. Il fera son grand retour dans le futur X-Men Universe, mais pour rattraper le retard, Panini nous sort un Monster contenant les épisodes #46 à #50, #200 à #203 ainsi que X-Factor : Nation X. Rassurez-vous, il n'y a pas de "trou" entre les numéros #50 et #200, la série a simplement repris sa numérotation d'origine, une pratique qui se fait beaucoup en ce moment.
Un petit souci dès le départ : sur la quatrième de couverture, Panini annonce que l'ouvrage contient des "aventures complètes". Soit c'est un mensonge, soit ils n'ont pas lu ce qu'ils publient, parce qu'évidemment, non seulement les nouveaux lecteurs auront du mal à suivre le déroulement des évènements (qui prennent racine bien en amont), et ce dès les premières pages, mais en plus, l'intrigue commençant dans le deuxième arc n'est absolument pas résolue. On reste même sur un gros cliffhanger. Il semble donc utile de préciser, pour éviter les déceptions, que ce qui est publié ici n'est absolument pas conçu à la base pour être lu sans se préoccuper des épisodes qui précèdent et qui suivent.
Et bien entendu, même pas une page avec un simple petit topo sur les personnages, histoire d'éclairer un peu la lanterne des nouveaux venus. Bon, il est vrai que pour cela, il faudrait un peu bosser, avoir une véritable vision éditoriale et se préoccuper du lectorat, autant dire que ce n'est pas tellement le genre des vendeurs d'autocollants.
Donc ça, c'est fait, intéressons-nous maintenant au contenu.

Bien sûr l'on retrouve l'excellent Peter David au scénario. Les dessins sont réalisés par Valentine De Landro, Bing Cansino, Marco Santucci et Karl Moline. Graphiquement, le pauvre David est déjà plus mal tombé (souvenez-vous de Stroman !), là, on peut même dire que c'est globalement fort joli et bien réalisé.
La première partie (jusqu'au #50), n'est pas la plus passionnante. L'on suit des évènements se déroulant parallèlement dans le présent et 80 ans dans le futur, avec bien sûr le rôle toujours central et énigmatique de Layla Miller (la petite fille "qui sait tout" de House of M, qui a d'ailleurs bien grandi depuis), un Fatalis diminué mais encore nocif, un double de Madrox ayant mal tourné et même un petit concept d'inhibiteur de variance chronale (une "fataliserrure" pour faire simple) permettant de modifier réellement le cours d'une ligne temporelle au lieu d'en créer une nouvelle.
C'est surtout lors de la deuxième partie que David donne toute la mesure de son talent. Madrox et ses potes détectives sont contactés par Valeria et Franklin Richards car leur mère a disparu et leur génie de père semble ne pas tellement s'en préoccuper. L'auteur met en scène une confrontation assez savoureuse entre Ben Grimm et Guido, alias Strong Guy (qui a perdu sa houppette mais qui, heureusement, tente de ne plus se faire appeler Malabar en VF). Beaucoup d'humour, de répliques bien ciselées et de références à divers films culte (la Delorean, le bien connu "tu aimes les films de gladiateurs", etc). David se permet même un peu d'autodérision lorsqu'il fait interrompre l'un de ses personnages en lui suggérant qu'il ferait mieux de garder la suite de son histoire pour une mini-série.
Bref, du Peter David comme on l'aime, tout à fait à l'aise dans un registre mi-sérieux mi-décalé qui a fait tout le succès de X-Factor.

On enchaîne ensuite avec X-Factor : Nation X, alors que la petite bande se rend sur Utopia à l'invitation de Cyclope. Rien de bien extraordinaire mais toujours quelques petits moments savoureux, notamment lorsque Madrox voit Magneto débarquer. Enfin, on termine avec une courte histoire montrant Theresa Cassidy, encore sous le coup de la disparition de son fils (cf cet article), qui se recueille en Irlande, sur la tombe (vide en fait pour l'instant) de son père. Là encore, petit mélange d'émotion et de second degré, notamment grâce à l'arrivée du père Maddox, un double "émancipé" de Madrox.
Il faut signaler que l'équipe, depuis cette petite présentation, a été renforcée par Longshot, Darwin et Shatterstar. Ce dernier est d'ailleurs particulièrement bien employé par le scénariste et est à l'origine d'un grand nombre de vannes.
Bref, pas de mauvaise surprise, X-Factor reste (à mon sens) la meilleure série X du moment, grâce à un subtil équilibre entre drames, coups de théâtre et franche rigolade et surtout grâce à des personnages attachants et particulièrement bien écrits.

Immanquable pour les fans de la série, ce Monster risque toutefois, de la manière dont il est présenté, de dérouter les curieux de passage. Rien n'est fait en tout cas pour leur faciliter la tâche. C'est d'autant plus dommage que ce passage en librairie était l'occasion de toucher un public plus large.