11 février 2011

X-Men : Les Origines

Avant-hier paraissait en librairie un 100% Marvel s'intéressant aux origines des X-Men. Que valent vraiment ces quatre one-shots ?

Ah, le bon vieux temps des Strange "special origines"... cela permettait de faire le point sur les personnages tout en embarquant au passage une poignée de lecteurs nouveaux et curieux. Comme toujours avec ce genre de recette, cela marche plus ou moins bien et le résultat dépend surtout du talent des auteurs et non de la supposée facilité d'accès à un univers dont la complexité embarrasse décidemment souvent les éditeurs qui en ont la charge.
Marvel a lancé il y a quelques temps une série intitulée X-Men Origins et Panini, dans sa sagesse infinie, nous propose ce mois-ci une sélection de quatre épisodes, publiés dans la collection 100% Marvel.
Au menu, les débuts de Colossus, Diablo, Emma Frost et Gambit.

On commence par Colossus, avec Chris Yost au scénario et Trevor Hairsine aux dessins.
Bon, vague histoire d'espionnage, avec des agents soviétiques qui tentent de mettre la main sur le petit Piotr, plus une intervention du quasi omnipotent Xavier (qui souhaite d'ailleurs qu'on l'appelle absolument "professeur" et non "monsieur", ça y'est, il a pété les plombs).
Pour une entrée en matière, c'est plutôt faible.
On enchaîne avec Diablo (Nightcrawler donc), par Adam Freeman & Marc Bernardin (scénario) et Cary Nord & James Harren (dessin). Classique récit de cirque, avec de gentils hurluberlus exploités en tant que monstres et de très méchants (et stupides) exploiteurs. Les scénaristes ont ici visiblement du mal à rendre leurs "vilains" crédibles. Tout est tellement évident, téléphoné et déjà vu que l'on a du mal à aller jusqu'au bout. L'idéal aurait été de s'adresser à tous les lecteurs, donc autant aux vieux briscards qu'aux nouveaux venus. Là, il n'est même pas certain que cet essai s'adresse réellement à quelqu'un.

Oui, je vous l'accorde, ça commence mal. Heureusement, le reste va tout de même relever le tout.
Emma Frost tout d'abord, par Valerie d'Orazio au scénario et Karl Moline au dessin. Mine de rien, c'est plutôt bien fichu, pas si monolithique que ça (notre brave Emma passant tout de même par pas mal d'émotions) et relativement complet.
C'est même raccord avec certains éléments publiés en Marvel Age, une collection en VO qui est revenue (bien plus longuement) sur l'enfance de la miss.
On passe ensuite à Gambit, avec Mike Carey au scénario et David Yardin et l'excellent Ibraim Roberson (Guide de Survie en territoire Zombie) aux crayons. L'épisode est bien réalisé et même sacrément complet (l'on découvre notamment les Maraudeurs de Sinistre et leur mission contre les Morlocks), avec une petite intrigue sympathique au niveau de la présentation du perso, et ensuite une sorte de rappel de ce qu'il est ou peut faire.

Maintenant, d'un point de vue pratique, est-ce que ce comic aide réellement à comprendre les personnages dont il est question ? Rien n'est moins sûr. L'on a quelques éléments de base, mais de là à dire qu'un nouveau lecteur aura forcément un bon topo sur ces mutants, ou éprouvera même simplement une certaine empathie, c'est loin d'être gagné. Evidemment, il faut reconnaître, à la décharge des auteurs, que l'exercice du one-shot demeure l'un des plus difficiles tant il n'est pas toujours aisé de faire bref, surtout pour retranscrire l'essence de mutants qui ont pas mal bourlingué ces dernières décennies.
Globalement, pour les lecteurs de longue date, ces planches resteront sans doute quelque peu fades. Pour les novices, difficile de penser qu'elles assureront la double et difficile mission qui consiste à la fois à présenter et convaincre.
Un titre anecdotique. Un de plus.