04 juin 2010

Marvel Heroes : fin du run de Straczynski sur Thor

Le Marvel Heroes #32 voit l'épopée de Straczynski se terminer. Pour le remercier de son excellent run, Panini lui adresse... quelques critiques.

La revue commence par Thor, J.M. Straczynski nous offrant un magnifique épisode final à l'occasion de son départ. Les dessins de Marko Djurdjevic sont somptueux et servent parfaitement l'histoire.
Balder apprend enfin les sombres projets de Loki et Fatalis, ce dernier ayant passé un marché avec le dieu du mensonge afin qu'il lui fournisse des asgardiens qu'il pourra disséquer discrètement. Le monarque de Latvérie souhaite ainsi tenter de découvrir le secret de leur immortalité.
De bons dialogues, des scènes d'une grande intensité, de l'émotion, de l'humour, bref, on peut difficilement exiger mieux.
Malgré cela, Panini se paie le vieux Straczynski dans son édito de fin. Ce n'est pas la première fois d'ailleurs. C'est même étrange, d'habitude, quel que soit l'auteur dont ils parlent, c'est un déluge de compliments et de superlatifs. Pour Straczynski, ils commencent par dire que le scénariste a décidé de tirer sa révérence, en évitant d'expliquer pourquoi. En fait, Marvel avait promis de laisser Thor en dehors des events et autres crossovers, mais devant le succès de la série, l'éditeur a décidé finalement de réintégrer l'asgardien aux grands évènements, ce qui a provoqué le départ de Straczynski, déçu de ne pouvoir maîtriser entièrement son récit comme on le lui avait pourtant laissé croire.
Enfin bon, ça à la limite, ce n'est pas bien grave, mais ce qui vient après est ahurissant. Panini balance que "les caractéristiques habituelles des séries de Straczynski sont de présenter de bonnes idées qu'il a ensuite du mal à développer jusqu'au bout"... ils citent en exemple Supreme Power et The Twelve, comme si c'était censé démontrer que l'ensemble de l'oeuvre de cet auteur possède les mêmes caractéristiques. On s'étonnera ensuite que certaines personnes, sur le Net, reprennent la même technique ; prendre un exemple bidon et en tirer une généralité fausse, sans même avoir lu les oeuvres de l'auteur qu'elles critiquent.
Dans le genre "pas capable" de développer ses idées jusqu'au bout, je souhaite à bon nombre d'écrivains d'avoir le même talent et la même constance que Straczynski. Pour ceux qui ne connaissent pas le bonhomme, je les invite à lire une série d'articles revenant sur une partie de son parcours : Sur les traces de Straczynski partie I, partie II, partie III. Ceux qui auront l'envie de se plonger dans ces chroniques pourront découvrir que le bonhomme parvient très régulièrement à terminer - et de belle manière - ses histoires.
Quant à Thor, c'est une on-going, il est donc normal que tout ne soit pas résolu en 22 planches par un tour de baguette magique. Ne pas saloper le travail de ceux qui vont suivre et ne pas céder à la tentation égocentrique, c'est aussi le signe d'un grand.
Il serait bon que Panini France balaie devant sa porte avant de se mêler du contenu des séries qu'ils ont tant de mal à adapter.

On passe ensuite rapidement sur Hulk, avec toujours Jeph Loeb au scénario et Ian Churchill au dessin.
Comme d'habitude, de la grosse castagne avec plein de personnages connus. Rien de bien passionnant. Les dessins sont plutôt pas mal, c'est toujours ça.

On poursuit avec les Mighty Avengers. Là c'est tout le contraire, le récit avance rapidement et nous montre, d'un côté, les Vengeurs aux prises avec la fausse Sorcière Rouge (eux ne savent toujours pas qu'il s'agit de Loki), et, de l'autre, une poignée de super-héros tentant d'arracher le Faiseur d'Esclaves des mains de l'Innommable, un ex roi des Inhumains du genre balèze. Le monarque a d'ailleurs une petite surprise pour ceux qui viennent lui chercher querelle puisqu'il va utiliser des cristaux xérogènes. En gros, alors que les brumes tératogènes font évoluer les Inhumains, la xérogenèse, elle, fait régresser les humains. Et en effet, pour certains, les brumes n'auront pas beaucoup de boulot à faire.
Scénario de Dan Slott et Christos Gage, dessins de Khoi Pham. Le tout est plutôt sympathique.

On termine aussi bien que l'on avait commencé avec Avengers : The Initiative. Sans doute le meilleur épisode, avec Thor, de la revue. Le scénario est écrit par Christos Gage, les dessins sont l'oeuvre de Rafa Sandoval.
Les Gros Calibres du Nevada (l'une des équipes de l'Initiative des 50 états) poursuivent l'une des leurs qui refuse de bosser avec Outback. Ce dernier n'est autre que Boomerang, un tueur à gages imposé par Norman Osborn. Finalement, le leader de l'équipe, Prodigy, qui avait déjà défié Iron Man pendant la guerre civile, décide de se rallier à l'opinion de sa collègue et annonce publiquement la sécession du groupe.
Bien entendu, Osborn ne peut rester inactif face à ce défi et envoie ses sbires ramener le calme. De leur côté, Justice et son équipe se mobilisent pour prêter main forte aux résistants. Toutes ces forces convergent vers le Nevada où elles vont s'affronter...
Du très très bon, avec des références subtiles aux évènements passés, des personnages travaillés et quelques petites surprises, dont notamment la réaction et le choix de Komodo. Après l'émouvant épisode du mois dernier, la série retrouve donc le haut niveau de qualité de ses débuts.

Une bonne fournée, dominée par l'Initiative et un Strazcynski qui reste efficace, inspiré et hors de portée des jugements hâtifs.



ps : sortie demain du nouveau Geek, pour le sommaire, c'est ici.