05 mai 2010

Spider-Man : American Son, suite et fin

Confrontation entre le Tisseur et Norman Osborn dans le Spider-Man #124.

Attention, spoilers inside ! Le pitch tout d'abord. Alors que Harry Osborn a rejoint son père pour faire partie de ses Vengeurs, Peter Parker tente de venir en aide à son ami en infiltrant l'équipe de psychopathes. Pour cela, il bénéficie de l'appui de Reed Richards qui lui confectionne une tenue spéciale lui permettant de se faire passer pour Venom.
Le scénario est de Joe Kelly, les dessins de Paulo Siqueira, Marco Checchetto et Phil Jimenez.
Au chapitre des points positifs, toujours le grand Norman, encore plus pourri et machiavélique que d'habitude. Il a tout de même réussi cette fois à mettre enceinte l'ex petite amie de son fils. Voilà, on a fait le tour de ce qui était réussi, passons maintenant à ce qui ne l'est pas.

Après Pepper Potts, c'est au tour de Harry d'enfiler une armure ! A croire que plus aucun personnage secondaire ne peut rester à peu près normal. Ils sont tous aptes à se battre et à devenir des justiciers. Rappelons que même la tante May a eu droit à son petit baptême d'armure pendant The Other (cf Spider-Man #80).
Niveau blague débile dégueulasse, on atteint des sommets avec un Bullseye qui utilise... une crotte de nez pour tirer sur un rat. On a droit au bazar gluant tout vert en gros plan. Je suppose que c'est censé être drôle. Joe Kelly doit avoir 12 ans, c'est pas possible autrement.
Pour ce qui est des incohérences, ni Peter ni Reed ne pensent une seule seconde que Daken (qui a pourtant les même dons que Wolvie) va repérer l'imposture grâce à son odorat. Pourtant, pour ces deux scientifiques, on peut raisonnablement penser qu'il n'aurait pas été trop difficile d'ajouter un petit dispositif olfactif au costume.
C'est déjà pas mal, mais on en arrive tout doucement au pire : l'attitude de Peter.

Car, au bout d'une bataille improbable, Harry arrive à vaincre son gentil pôpa (pendant ce temps là, les autres Vengeurs n'interviennent pas, mais passons). Alors qu'il s'apprête à l'éliminer, qui c'est qui se raboule faire son speech d'enfant de choeur ? Le joyeux luron amoureux de sa tantine. "Et si tu le tues, il aura gagné, tu seras comme lui, et gnagnagna..."
On parle tout de même du type qui a tué Gwen Stacy, que l'on n'arrive pas à garder enfermé plus de trois jours d'affilé et qui a juré d'éliminer tous les proches de l'autre andouille. En les torturant en plus. Mais faut surtout pas le buter, ça se fait pas. On savait que Peter était égoïste, passablement benêt, mais fanatique à ce point là, c'est inquiétant. Le message sous-jacent fait même un peu penser à ces humanistes de salon qui sont contre la peine de mort sans se rendre compte qu'ils tuent aussi des gens : les innocents, victimes de leur lâcheté. C'est vrai dans la vie mais ça devrait l'être encore plus dans cette fiction où Parker est tout de même présenté comme LE mec soucieux de ses proches (enfin, faut le dire vite, pauvre MJ !). Pourtant, par principe, il accepte qu'ils soient perpétuellement en danger. On ne peut même pas dire qu'il avait peur de se salir les mains puisque c'est Harry qui allait faire le sale boulot à sa place.
Bref, n'importe quoi. En tout cas, l'on sait maintenant que Peter n'a lu ni Machiavel, ni Saint Seiya. C'est ça quand on suit une formation scientifique. ;o)

Le mois prochain, la revue contiendra le fameux numéro #600. Pour cet anniversaire, Panini nous annonce qu'ils vont nous mettre 8 pages en plus. Wow ! C'est de la folie ! Franchement, je ne sais pas si je peux accepter, ça me gêne. En tout cas, une telle générosité est touchante. J'en ai les larmes aux yeux.
Et, cerise sur le vieux bout de pain rassis, l'évènement éditorial crucial qui marquera les festivités sera... le mariage de May. Avec notre bol, on aura droit à la nuit de noce. Ce serait logique après les préliminaires (cf Spider-Man #123).

Que dire ? Entre les crottes de nez, la stupidité de Peter et Jeanne Calment qui a le feu au derche, c'est un peu trop pour moi.

"Si tu refuses de tuer ton ennemi, tu mets en péril la vie de tous ceux qui vont l'affronter après toi."
Kanon, sous la plume de Masami Kurumada

"Si tu peux tuer un ennemi, fais-le, sinon, fais-t'en un ami."
Nicolas Machiavel