25 janvier 2007

Powers

Nouvelle petite incartade hors des publications Marvel avec la série Powers. L'auteur en étant Brian Michael Bendis, l'on reste tout de même en terrain connu (pour ceux qui ne suivent pas dans le fond, il a signé House of M, Alias, et s'occupe actuellement de New Avengers et Ultimate Spider-Man). Les dessins sont de Michael Avon Oeming. Alors là, attention, ça risque d'en rebuter certains. Le style est très cartoony, bien loin de ce qui se fait en général sur la plupart des productions récentes. Perso, à petites doses, ça ne me dérange pas et il faut avouer que cela convient assez au ton de la série.

Voyons de quoi ça parle maintenant. Eh bien en fait, il s'agit d'enquêtes policières concernant des crimes liés au monde des super-héros. Niveau ambiance, certains détails font parfois penser à Ultra des frères Luna (les pubs parodiées par exemple) ou même à Invincible de Kirkman (pour l'humour et l'aspect des persos). Mais en fait, Powers va bien plus loin et fourmille de références et de scènes magnifiquement dialoguées.
Dans un épisode, c'est Warren Ellis (scénariste du récent Iron Man Extremis ou, pendant un temps, de Ultimate Fantastic Four) en personne qui se retrouve au centre de l'histoire, accompagnant les flics afin de se documenter et de trouver l'inspiration. Le point de vue narratif est toujours celui des policiers, jamais celui des masques et des capes. Ne vous laissez pas abuser par l'aspect enfantin du graphisme, le texte est souvent franchement pour adultes. Un petit exemple ? Dans un épisode, Olympia, un super-héros ultra populaire, est retrouvé raide mort dans une sordide chambre d'hôtel. Une fille, avec qui il a eu une "aventure", est interrogée par les deux inspecteurs. C'est une groupie qui est excitée par les "pouvoirs". Elle raconte assez librement qu'elle voyait Olympia pour "baiser" mais que, en dehors de ça, pour ce qu'elle en savait, "c'était un enculé". Mieux encore, elle raconte une anecdote concernant une amie à elle :
- On ne sait jamais ce qui peut arriver dans des aventures de ce genre. Une des filles que je connais, Kate, elle courait après Ringray. Et quand elle a fini par lui mettre la main dessus, elle... c'est drôle... elle lui a fait une... elle l'a sucé.
- Hum.
- Et elle est allé jusqu'au bout et... euh... elle... elle n'en a pas perdu une goutte.
- D'accord...
- Et après ça... elle a été capable de voler pendant quelques heures. Pas très haut ni très vite mais... six heures...

Il fallait y penser. La fellation donnant des pouvoirs pendant un temps limité, voilà une sacrée façon d'appréhender les supermen qui peuplent les comics. ;o)
Evidemment, il ne s'agit pas ici de super-héros confrontés à de terribles menaces, ni même d'une parodie à proprement parler, mais plutôt d'une sorte de constat ironique rassemblant tout ce que l'on ne peut pas dire dans les séries mainstream. C'est inventif, jubilatoire et résolument outrancier, Bendis se délectant à jouer avec les codes habituels du genre. A essayer d'urgence !
(pour l'instant, trois tomes sont parus en VF chez Semic)