23 juin 2010

Fables : Les Fils de l'Empire

L'Adversaire met sur pied sa contre-attaque dans le tome #10 de l'excellente série Fables.

Fableville a marqué un point en détruisant la réserve de bois magique de Geppetto, même si l'action est avant tout symbolique. Le menuisier, qui dirige en fait l'Empire d'une main de fer, prépare une riposte à la mesure de l'affront qu'il a subi.
Les dignitaires de l'Empire sont réunis dans le but de trouver une solution finale au problème des rebelles exilés chez les communs. Lumi, la reine des Neiges, le roi des Nomes, le chevalier Point-du-Jour ou encore Hansel, le Grand Inquisiteur, mettent sur pied un plan terrible qui tient en quatre phases : la pestilence, le feu, l'hiver et la famine. Une fois abattus sur le monde, ces quatre fléaux doivent en précipiter la fin. La terre, stérile et vidée de ses habitants, pourrait même devenir une gigantesque prison pour les rares résistants encore présents dans les Royaumes...

Encore un excellent arc issu de la série écrite par Bill Willingham et dessinée par Mark Buckingham. Les préparatifs de la guerre sont mis en scène avec une rare intelligence, l'auteur se permettant même de décrire les dissensions existant au sein de l'état-major ennemi avec un certain réalisme. Tout comme d'ailleurs la partie dédiée à l'arrivée des plénipotentiaires de l'Adversaire, qui dépeint avec justesse les ressorts, parfois pervers, du jeu diplomatique. Rarement des contes auront été si proches de la réalité historique (et même actuelle).
Outre cet aspect martial et politique, ces quatre épisodes permettent d'introduire de nouveaux personnages, comme Raiponce ou le très inquiétant mais charismatique Hansel. L'on assiste également à un relookage - très réussi - du Chaperon Rouge. Les Fables se font décidemment très bien à notre époque. ;o)
A la fin de chaque chapitre, un bref récit vient apporter des renseignements supplémentaires sur l'un des protagonistes ou offrir un petit interlude sympathique. Mention spéciale pour "Le fin limier" et sa conclusion brillante, ainsi que "La route du paradis", fort drôle métaphore sur les apparences trompeuses et les conclusions hâtives.

Après plus de 50 épisodes, la qualité ne faiblit pas. Difficile de trouver le moindre défaut à cette saga passionnante qui allie souffle épique et émotion.


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