07 septembre 2011

Brit : Baroudeur sans Saveur ?

Sortie aujourd'hui chez Delcourt du premier tome de Brit, la nouvelle série du tandem Kirkman/Moore.

Lorsque le gouvernement doit gérer des frappadingues à super-pouvoirs, des aliens un peu trop envahissants ou n'importe quelle menace un peu spéciale, c'est à Brit qu'il fait appel.
L'homme a de l'expérience, n'a pas peur de se salir les mains et, surtout, il est indestructible.
Seulement, voilà, Brit a beau être efficace, il prend de l'âge. Et ses employeurs aimeraient bien le remplacer par quelques "modèles" plus jeunes, en tentant de dupliquer ses pouvoirs par exemple, quitte à devoir le disséquer pour y arriver.
Bien que le fait d'être découpé en petits morceaux par ses supérieurs hiérarchiques constitue un emmerdement relativement bien classé sur l'échelle des tracas divers et soucis quotidiens, ce ne sera pas le seul !
Brit devra en effet gérer une ex femme revancharde, les parents de sa petite amie, un gros monstre poilu qui fout le bordel en Alaska et même... un français.
Son emploi du temps étant déjà bien chargé, évitez de vous mettre en travers de sa route.

Ce nouveau titre est écrit par Robert Kirkman (The Walking Dead, Haunt, Invincible, Astounding Wolf-Man, Marvel Zombies) et dessiné par Tony Moore - artiste qui avait déjà travaillé avec Kirkman sur les premiers TWD, avant que Charlie Adlard ne prenne la relève - et Cliff Rathburn.
Graphiquement, les auteurs ont opté pour un style cartoony aux couleurs vives, pas désagréable du tout et qui permet de faire passer en douceur le côté gore de certaines scènes. Au niveau de l'intrigue, c'est bien simple, c'est du Invincible (d'ailleurs cela se déroule dans le même univers) mais, au lieu d'avoir un adolescent comme personnage principal, l'on a un vieux briscard. Tout le reste est plus ou moins pareil : présence d'aliens et monstres improbables, d'encapés et d'une agence gouvernementale qui gère tout ça.
Brit pourrait donc presque être un Mark Grayson vieillissant.

L'on se trouve ici devant du Kirkman "classique" (dans le sens où TWD est clairement une exception dans sa carrière et que la plupart de ses autres oeuvres ont plus de points communs et s'avèrent sans comparaison qualitativement), développant un récit sympathique mais qui ne brille pas par son originalité. Que l'on ne se méprenne pas, cela se lit très bien. Et le mélange de second degré (avec quelques très bonnes vannes) et d'évènements plus dramatiques fait son petit effet. Simplement, l'on a un peu l'impression que l'on a déjà lu ce genre d'histoire des dizaines de fois (et que l'on n'est pas près de s'arrêter d'en lire !).
Même le spleen du héros (avec le fameux refrain "c'est de ma faute si tout le monde crève autour de moi") commence à friser la parodie tant il a été ressassé.
Imaginez ce que cela donnerait dans la vie de tous les jours...
- Oh non, putain, j'ai cassé un oeuf ! Regarde, il est tout étalé par terre !
- Voyons chéri, ce n'est pas grave.
- Si, c'est de ma faute, j'ai ouvert la porte du frigo trop brusquement... oh, mon Dieu, cela ne cessera donc jamais, pourquoi est-ce que tout ce que je fais retombe sur mes proches ?
- Mais arrête, c'était un oeuf, pas un proche ! Tu ne connaissais pas la poule, si ?
- Bah non mais... tu vas devoir nettoyer. Je m'en veux de t'imposer ça. 
Voilà, on évite de passer la serpillère soi-même, au moins les pleurnicheries servent à quelque chose. Fin de l'interlude.
Quant aux autres protagonistes, à part une ou deux exceptions (Donald et peut-être le père de Jessica), leur personnalité et psychologie sont à peine esquissées, ce qui n'aide pas vraiment à l'immersion ou l'empathie.
Reste un Brit non dénué de charisme et qui pourrait faire merveille si l'aspect comique de la série (déjà présent dans certaines scènes) était plus développé.

Un gros dur, quelques répliques cool, des méchants d'opérette et une pointe d'émotion.
Cela pourrait suffire si le sentiment de déjà-vu n'était pas omniprésent.