29 septembre 2011

Raise the Dead

La sortie du tome #2 nous permet d'aborder la série Raise the Dead.

Les zombies sont en passe de devenir, pour les comics, ce que Paris Hilton est à la presse people : un incontournable.
Et si vous voulez vraiment être à la mode, en ce moment, mieux vaut inviter un zombie à dîner. En plus, contrairement à la dinde évaporée précitée, il y a de grandes chances pour qu'il ait une conversation plus intéressante. Après c'est sûr, esthétiquement, le zombie n'est pas connu pour prendre énormément soin de lui... c'est pas le genre à se foutre un soin réparateur et régénérant quand il rentre d'une chasse à l'humain par exemple. Et on le sait, il n'utilise que très peu le dentifrice ou le gel douche. M'enfin, il reste quand même très tendance et être accompagné par un zombie peut vous ouvrir bien des portes.
Pourquoi je vous raconte ces conneries en lieu et place du résumé habituel ? Parce que le résumé, vous le connaissez déjà : les morts marchent, on est dans la merde, il faut survivre !

C'est donc un très gros mois pour les amateurs de chair pas trop fraîche puisqu'après Crossed, Walking Dead et la suite du Zombies de Peru, c'est maintenant Raise the Dead qui débarque en rayon. Ce final, édité par Soleil, est scénarisé par Leah Moore & John Reppion, les dessins du premier tome étaient assurés par Hugo Petrus & Marc Rueda, remplacés ici par Guiu Vilanova
Graphiquement, sans être extraordinaire, l'ensemble tient la route et reste plutôt agréable. Signalons l'originalité des covers reprenant en fait des thèmes fort connus (les célèbres Marilyn Monroe d'Andy Warhol, The Runaway de Norman Rockwell ou encore la cover de l'album Nevermind de Nirvana).
Pour ce qui est du récit, après le décevant Dracula, le tandem Moore/Reppion avait de quoi inquiéter. Heureusement, les deux compères s'en sortent bien mieux lorsqu'ils ne tentent pas d'adapter un classique de la littérature.

L'écriture est nerveuse, rythmée, et l'on est tout de suite plongé au coeur du sujet. Les différents protagonistes sont présentés petit à petit grâce à de courts flashbacks. Ces analepses servent également à dévoiler les débuts de l'épidémie et les premières scènes de carnage. Rien de profondément original, mais cela fonctionne tout de même très bien.
Si la première partie était essentiellement consacrée à de la survie de type "fuite improvisée", le second tome élargit un peu le propos en se basant sur l'organisation des survivants et sur le traditionnel conflit entre militaires et scientifiques. Il est difficile pour cette série de se faire réellement une place à part parmi la multitude de titres consacrés au sujet (cf cette chronique), mais sa lecture demeure agréable et réserve tout de même quelques surprises et moments forts. Pour ce qui est de l'habileté des transitions et de l'impact de certaines scènes, le deuxième opus est d'un bien meilleur niveau, cependant, l'ensemble tire surtout sa force du traitement particulier réservé aux personnages. Il est en effet très difficile pour le lecteur de savoir qui va s'en tirer et prendre de l'importance. Bien souvent, alors que l'on imagine qu'untel ira au bout de l'aventure, il connaît une fin aussi violente que rapide, même (et c'est là une très bonne manière de procéder) lorsque les auteurs prennent le temps d'épaissir le perso et de le rendre sympathique.

Si l'on peut légitimement reprocher une absence de vision particulière qui, sans forcément le révolutionner, enrichirait le genre, il faut reconnaître que Raise the Dead est un comic qui est loin d'être ennuyeux et qui parvient à désarçonner de temps en temps. 
Notons que la préface de Max Brooks (auteur du Guide de Survie en Territoire Zombie), qui était annoncée par erreur en quatrième de couverture du tome #1, est en fait présente dans le #2. Le très surestimé fils de Mel y balance les compliments habituels, sans parvenir à rendre son intervention réellement captivante (à sa décharge, il faut avouer que les préfaces offrant un contenu intéressant, comme celle de Willingham dans The Unwritten, sont rarissimes, les auteurs oubliant souvent qu'en plus du cirage pour les pompes de leurs potes, un peu de réflexion, ou d'humour, ou de n'importe quoi serait le bienvenu).

Une invasion de plus, sympathique, mais qui est loin de pouvoir prétendre s'imposer comme une référence réelle du genre.
Le second tome apporte toutefois un regain d'intérêt qui, sans cela, aurait condamné le premier aux oubliettes.