26 septembre 2008

Freddy Krueger de retour sur Elm Street

Panini continue de développer sa collection Dark Side avec un classique de l'épouvante : Les Griffes de la Nuit. Préparez la caféine à haute dose car à partir de maintenant, il ne faut surtout plus dormir !

Freddy Krueger, affectueusement surnommé "le fils bâtard d'un millier de pères", est mort depuis longtemps mais continue de terroriser les enfants de Springwood lorsqu'ils s'endorment. Le monde des rêves est son domaine, là où il est tout-puissant. Une famille récemment arrivée dans la petite ville va vite découvrir que le croquemitaine n'est pas qu'une invention des parents pour effrayer les gamins turbulents. De leur côté, les grosses têtes du lycée, nouvellement désignées "cibles privilégiées" par le type au vieux pull rouge et vert, vont tenter de riposter à leur façon, en s'aidant de pratiques anciennes issues de la culture aztèque...

Après L'Antre de l'Horreur de Poe, Vendredi 13 et 28 jours plus tard, c'est un classique des années 80 qui se décline maintenant en comics. L'histoire, signée Chuck Dixon, est divisée en deux arcs. Le premier se révèle très classique et peu palpitant, une famille banale faisant les frais du gros méchant dans des scènes aux forts relents de déjà-vu.
La seconde partie est, elle, bien plus réussie. Tout d'abord parce que le p'tit Freddy va se montrer beaucoup plus inventif pour zigouiller les adolescents qui tombent sous ses griffes (il ira même jusqu'à en bouffer un, le digérer puis s'en débarrasser par des voies... naturelles !), ensuite grâce à une légende aztèque plutôt bien trouvée qui permet aux jeunes habitants de Springwood d'éviter de se cantonner aux simples rôles de victimes hurlantes. Une certaine ambiguïté parvient même à s'instiller entre les ados, ces derniers étant obligés de sacrifier un innocent pour que leur stratagème fonctionne. Si l'on ajoute à cela que les dialogues sont également bien meilleurs, on aura vite compris que les deux parties ne sont pas du même niveau et que la première paraît bien fade en comparaison du second affrontement.

Les dessins sont de Kevin West. Son style flirte plutôt avec le cartoony et la colorisation est vive et chaude. On est loin de l'ambiance graphique d'un Se7en (aux éditions Wetta) par exemple et l'aspect visuel, bien trop propre, ne participe donc pas du tout à la construction d'une atmosphère pesante ou effrayante. Un peu dommage que l'éditeur n'ait pas opté pour quelque chose de moins gentillet, même si cela reste agréable - peut-être trop même - à regarder.
Un petit carnet de croquis termine l'ouvrage. Rien de transcendant mais le bonus reste appréciable.

Voilà donc un Dark Side pas très ténébreux et qui propose une bonne histoire sur deux (et un vilain bien connu). Le macaron "pour lecteurs avertis" est présent. Reste à savoir si un lecteur "averti" réussira à éprouver des frissons avec un produit qui semble tout de même destiné à un public relativement peu exigeant (ou très émotif).