08 septembre 2007

Preacher

Lorsque le révérend Jesse Custer se met à révéler les secrets des habitants de la petite ville dans laquelle il officie, cela a deux conséquences : il se prend une bonne raclée et fait le plein de fidèles pour son sermon le lendemain matin. Il n'a pourtant pas vraiment le temps de profiter de ce regain d'affluence car un être fabuleux, appelé Genesis, et issu de l'accouplement coupable d'un Séraphin et d'une créature démoniaque, va prendre possession de lui.
Ainsi débute une longue cavale en compagnie de Tulip, une fille sexy maniant plutôt bien le flingue, et Cassidy, un vampire irlandais à l'humour ravageur.

On connaissait déjà le tandem formé par Garth Ennis et Steve Dillon pour leur collaboration sur la série Punisher mais, avec Preacher, nous avons ici probablement leur meilleur boulot commun. Visuellement, c'est du Dillon, donc ce n'est pas parfait mais, malgré des visages toujours semblables, c'est un poil au-dessus de ses travaux plus récents sur Wolverine : Origins. Le graphisme est pourtant presque secondaire tant l'intérêt véritable de ce comic est surtout basé sur l'originalité de l'histoire, l'humour omniprésent et les dialogues percutants.

Preacher est plutôt violent, parfois gore même, les dialogues sont crus, mais la drôlerie des répliques et l'originalité des situations permettent de faire passer tout cela sans aucun problème (avec tout de même un avertissement "pour lecteurs avertis" à la clé). La galerie de personnages est l'une des plus savoureuses que l'on ait pu admirer dans une série. On passe du vieux shérif texan bourru et plein de préjugés aux anges pas si angéliques que ça et maniant mieux le juron et les expressions fleuries que les références bibliques. Certaines répliques sont excellentes, même sur le Punisher Ennis n'avait pas fait aussi bien. Quant au trio principal, qui se débat au milieu des envoyés du Ciel, des flics et des cinglés en tout genre, on s'y attache rapidement malgré son côté déjanté.

Le tome 1 est disponible en tpb et édité par Panini dans la collection Vertigo. En plus des 7 épisodes regroupés ici, on a droit aux covers (commentées par l'artiste), à une postface de Glenn Fabry (le cover artist en question) ou encore à une longue (et fort drôle) introduction de Ennis (où l'on apprend que lorsque l'on voyage en train, il vaut mieux éviter d'en...tomber).
Papier glacé et hardcover font honneur à cette série devenue culte et dont on attend la suite avec impatience. A ne pas rater si l'on veut passer un bon (et joyeux) moment de lecture.

ps : ajout d'une nouvelle scène (la 31ème, classée X presque), dessinée par Dillon tiens justement, dans le bêtisier (ainsi que quelques illustrations pour les scènes plus anciennes qui n'en avaient pas encore).