02 septembre 2008

Safari dans Gotham

Paru voici déjà quelques années, le crossover Batman versus Predator ressort chez Wetta dans la collection Reservoir Gods. Choc ou flop ?

En ce qui concerne l'histoire, rien de plus simple : l'extraterrestre amateur de chasse à l'ancienne débarque à Gotham et trouve forcément sur sa route le Dark Knight. Avant cela, il va faire ses preuves en s'en prenant à des boxeurs, quelques membres de la pègre et même le maire. A l'époque, DC et Dark Horse misent sur la popularité de leurs héros pour réaliser un crossover alléchant écrit par Dave Gibbons et dessiné par les frères Kubert (Andy au dessin, Adam à l'encrage). Première constatation, graphiquement, pour un comic qui date de plus de quinze ans, ça tient la route, même au niveau de la colorisation qui évite les teintes trop criardes. Cette saga n'est pourtant pas exempte de défauts. Les combats manquent cruellement de lisibilité, voire de lyrisme, et l'immense aire de jeu que pouvait constituer Gotham est finalement fort peu exploitée.
Le matériel en lui-même est donc loin d'être exceptionnel de qualité, au plus va-t-on retrouver les figures imposées (vision infrarouge et camouflage du Predator) ainsi qu'une armure donnant à Batman un look plutôt réussi et original. L'aspect sanglant reste, lui, relativement aseptisé (et s'inscrit un peu dans le "gentil gore" qui régnait déjà dans le Green Lantern vs Aliens publié dans la même collection).

La réalisation de l'ouvrage, elle, est plutôt soignée. Outre une introduction de Frédéric Wetta, l'on a droit en apéritif à pas moins de trois préfaces. La première de Gibbons, les autres de Dennis O'Neil et Diana Schutz, les superviseurs de ce travail. Elles ne sont pas composées que des traditionnels remerciements et sont même écrites avec un certain humour. Plaisant. En bonus, outre les covers que l'on s'attendait à trouver, figure également une galerie plutôt fournie (22 planches en tout) regroupant des dessins de John Byrne, Mike Mignola, Arthur Suydam et une quinzaine d'autres artistes. On sent l'envie de livrer un produit complet et fini. Si quelques coquilles viennent parfois entacher le lettrage, elles ne sont pas plus nombreuses que celles que l'on trouve à foison chez la concurrence (est-ce bien la peine de préciser de qui je parle ?).

Une curiosité bénéficiant d'une petite valeur ajoutée grâce au côté artisanal et méritant des petites éditions Wetta. Pour ceux qui aiment les bestioles hargneuses à dreadlocks et les rencontres arrangées.