24 mai 2009

Project Superpowers : Le Mal et l'Espoir

Le premier tome de Project Superpowers vient de sortir chez Panini. Une nouvelle mise à jour d'anciens Masques issus du Golden Age.

Les années 40. Le Mal est à l'oeuvre dans la vieille Europe. Hitler se sert de forces occultes pour tenter de gagner la guerre. Certains murmurent même que les camps d'exterminations ne seraient rien d'autres qu'une gigantesque et monstrueuse entreprise de sacrifices humains permettant d'alimenter les puissances métaphysiques. La source de tout ce Mal vient de la boîte de Pandore. Cet objet, une urne en fait, a libéré de nombreux démons mais aussi l'Espoir qui les accompagnait et qui s'incarne maintenant dans les super-héros présents sur les champs de bataille.
C'est là que le Fighting Yank intervient. Guidé par le fantôme de l'un de ses ancêtres, il entreprend d'emprisonner dans l'urne tous les Masques afin d'attirer les démons et de débarrasser la terre de leur présence.
Et si c'était un piège ? Si, en tentant d'éradiquer le Mal, les meilleurs des intentions s'étaient transformées en cauchemar ? Des décennies plus tard, Dynamic Forces a mis en place un état particulièrement répressif en Amérique. Des soldats qui ne meurent jamais et qui sont sans cesse rafistolés sont envoyés sur les zones de guerre modernes. Sans les Capes, l'Espoir a disparu. Pour le retrouver, il faut briser l'urne et ouvrir, de nouveau, la boîte de Pandore.

Nous avions déjà pu assister à une réactualisation de personnages tombés en désuétude avec la série The Twelve publiée par Marvel. Pour Dynamite, ce sont les vieux compères Alex Ross et Jim Krueger (Avengers/Invaders, Paradise X) qui se chargent de remettre au goût du jour des héros issus du panthéon de Fox Comics, Crestwood Publications et Nedor Comics. L'aspect graphique est assuré par Stephen Sadowski, Douglas Klauba, Carlos Paul et Alex Ross lui même. Le résultat est vraiment splendide, avec des dessins léchés et souvent spectaculaires.
Le scénario mélange habilement Histoire, mythologie et style super-héroïque classique. Le grand nombre de personnages et les actions se déroulant parallèlement à divers endroit peuvent cependant rendre parfois le tout un peu difficile à suivre. De même, les différents protagonistes n'ont pas encore tous été présentés dans ces quatre épisodes et ceux pour qui c'est le cas n'ont pas tous développé pour l'instant une personnalité vraiment construite. Néanmoins, l'histoire est, comme souvent avec Ross, ambitieuse et "larger than life". Comme dans Earth X, l'on retrouve des scènes qui sont plus des tableaux statiques qu'une véritable succession d'évènements. Cela fige un peu l'action mais lui donne tout de même une certaine classe.
L'on retrouve également de nombreux stéréotypes ou symboles présents dans d'autres oeuvres du duo Ross/Krueger, que ce soit le vieillard au visage creusé par de nombreuses et profondes rides, les drapeaux qui claquent et dont on se recouvre, les types encapuchonnés à la quête éternelle, bref, c'est de l'épique, du sérieux, du premier degré pur et dur. De plus, là où The Twelve utilisait le monde réel et s'attelait à creuser la psychologie des héros confrontés au modernisme et au bond dans le temps, les évènements de Project Superpowers s'inscrivent dans un futur alternatif certes intéressant mais froid et à la réalité peu palpable.

L'ouvrage contient quelques bonus intéressants, notamment un guide des Masques des années 40. L'on a également quelques croquis de Ross, le journal de guerre du Fighting Yank, qui présente les héros principaux grâce à une illustration et un court texte, et, enfin, deux planches montrant différentes étapes de la réalisation d'une double page : crayonné de Ross, indication des couleurs, la même scène retravaillée par Sadowski puis le résultat final avec les couleurs du studio InLight.
On a même une petite intro, non signée (ils ne prennent plus de risque les sbires de la sandwicherie !), et bien sûr les covers dont plusieurs variants. Un traitement inhabituel et consciencieux que l'on aimerait voir appliquer à toutes les oeuvres.

Un maximum d'encapés, parfois un peu figés, pour un affrontement gigantesque mais qui peine à emporter le lecteur vers les cimes qu'il est censé lui faire atteindre.