10 mai 2009

Daredevil : Retour à Hell's Kitchen

Le Diable Rouge réintègre son quartier de prédilection dans le Daredevil #16 de la collection 100% Marvel.

Après son incarcération puis son escapade en Europe, Matt Murdock retrouve sa vie d'avocat et de protecteur de Hell's Kitchen. Depuis quelques temps, des agressions de plus en plus violentes ont lieu dans les rues. Les gangsters et autres petites frappes se découvrent un courage inhabituel, certains vont même jusqu'à se suicider pour éviter la prison.
La folie semble s'étendre jusqu'à Ryker's où Melvin Potter, alias le Gladiateur, est accusé de meurtres alors qu'il était à deux doigts d'être remis en liberté. Le cabinet de Matt assure sa défense mais alors que Melvin subissait une expertise psychiatrique dans un centre spécialisé, il tue de nouveau et s'évade. Melvin a changé. Quelqu'un le manipule. Daredevil va tout tenter pour l'arrêter mais le justicier à une faiblesse. Sa femme.
Milla est en danger et il se pourrait qu'elle subisse, à son tour, le sort des filles dont Daredevil a le malheur de tomber amoureux. Encore une fois il va falloir combattre, pour Hell's Kitchen mais aussi pour Milla.

Alors que les rééditions suivent leur cours en Marvel Deluxe (cf le dernier tome ici), les aventures inédites de Daredevil en sont à leur seizième tome. Celui-ci contient six épisodes. Le premier possède un ton un peu particulier et est consacré à un petit rappel des faits récents, de l'épisode carcéral qu'a connu Matt (Daredevil #14) en passant par la mort et le douloureux souvenir de Karen Page (voir ce Deluxe). Tout cela est conté, par Ed Brubaker, en prenant le point de vue de Milla, l'épouse de Murdock. Celle-ci peine à trouver sa place entre la vie mouvementé de son mari et certains souvenirs pesants qui le hantent. La réflexion est amère mais ne manque ni de charme ni de justesse et l'on peut la rapprocher un peu de cet article dans lequel nous avions tenté d'aborder l'aspect sentimental de la vie de nos héros masqués.
En tout cas cette pause pleine de tendresse n'a rien de mièvre et convient même assez au côté tragique du personnage.

Les cinq épisodes suivants renouent avec un arc plus classique dans lequel s'entremêlent action pure et scènes plus intimistes, mais toujours complexes, de la si agitée vie de Murdock. Les dessins sont assurés par Michael Lark et Stefano Gaudiano qui parviennent à conserver le climat sombre instauré par Maleev. L'histoire fait référence parfois au recensement des surhumains (instauré pendant Civil War) mais peut se suivre relativement bien même sans une connaissance profonde du Marvelverse. Les allusions internes (concernant la série Daredevil même) sont par contre plus nombreuses et il est conseillé de jeter un oeil aux rééditions pour réellement profiter pleinement de l'ensemble.
Enfin, précisons que l'histoire dont il est question ici n'est pas finie et que l'on termine même sur une scène plutôt tendue. Après un passage par Paris un peu ennuyeux, l'on replonge donc dans Manhattan, avec ses têtes connues, ses complots et ses menaces. Quant au Gladiateur, même s'il ne fait pas partie des ennemis les plus charismatiques de Daredevil (on lui préfère tout de même un Fisk ou un Bullseye), il tient la route et occasionne tout de même pas mal de dégâts !

Une bonne fournée, comme souvent sur ce titre. Notons également les fort belles covers de Marko Djurdjevic dont le talent est plus évident que le nom. ;o)

"Je crois que nous nous adaptons tous à celui ou celle que nous aimons... et qu'au fond, nous sommes tous des seconds choix."
Milla Donovan, sous la plume de Brubaker.