15 mai 2009

Les Héros Marvel débarquent en 1985

Une nouvelle mini-série, ayant pour titre 1985, vient de sortir dans la collection 100% Marvel. Petit voyage dans le monde réel.

Nous sommes en 1985. Toby Goodman est un fan de comics. Comme son père avant lui, il lit les aventures des héros Marvel depuis son plus jeune âge. Mais un jour, alors qu'il se promène près de la vieille maison des Wyncham, il aperçoit une silhouette familière à l'une des fenêtres. Crâne Rouge ! Un type déguisé certainement, ou une hallucination. Mais peu de temps après, c'est Hulk qu'il rencontre en forêt. Et peu à peu, le monde est envahi par les pires criminels du marvelverse : Modok, Bullseye, l'Homme Taupe, Electro, Ultron, le Blob, même Galactus...
Mais dans notre univers, il n'existe aucun super-héros pour les arrêter, et les vilains peuvent semer la mort et la destruction sans aucune retenue. Le sort de millions de gens est maintenant entre les mains de deux fans de comics. Un petit garçon et un type un peu paumé détenteur d'un mystérieux secret.

Les six épisodes de la mini-série 1985 sont donc maintenant disponibles en français. Le scénario est signé Mark Millar (Old Man Logan, Wanted, Kick-Ass) et les dessins sont de Tommy Lee Edwards (Bullet Points). Le postulat de départ peut sembler étrange, après tout les héros Marvel évoluent déjà dans un monde plutôt réaliste, mais il s'agit en fait ici de les faire surgir dans un cadre plus normal où n'existent ni mutants ni justiciers costumés. C'est l'occasion d'apprendre quelques détails sur des personnages bien connus, comme l'odeur épouvantable de Hulk "en vrai". Un peu dommage que cet aspect ne soit pas plus développé dans l'histoire.
Plus qu'une classique saga de super-héros, c'est presque une histoire d'horreur qui est ici mise en scène. Les monstres et autres psychopathes de la terre 616 apparaissent sous un jour assez effrayant et font des ravages parmi la population civile. Malgré tout, là encore tout n'est pas forcément exploité à fond. Certains personnages, comme le Wendigo ou Fin Fang Foom ne font que des apparitions éclairs (même si dans le dernier cas, la double page représentant le dragon est plutôt réussie et fait son petit effet). D'autres, comme Morbius ou Mr Hyde ne sont que simplement cités, ce qui nous laisse un peu sur notre faim.

Graphiquement, Edwards parvient à différencier le monde réel de l'univers 616 en représentant le premier d'une manière plus sombre, moins "comics". En plus de la galerie de personnages, l'artiste dépeint de nombreuses scènes habituellement réservées aux comics de zombies et autres survivals : rues désertes parsemées de cadavres, foule en panique, intervention de l'armée, et cetera. Si l'on rajoute la fameuse bâtisse, au look de maison hantée, à l'origine des évènements et l'ambiance pesante jouant sur les ombres, la forêt oppressante, les scènes de nuit, l'on a bien un style qui flirte avec l'épouvante. Un peu de l'horreur light, pour être précis, au parfum super-héroïque (très loin cependant d'un Marvel Zombies qui donnait carrément dans le gore).
Le tout est plutôt globalement réussi et contient de nombreuses références, l'on peut toutefois regretter une fin un peu abrupte et téléphonée. Notons que deux protagonistes de "notre" monde se retrouvent, à la fin, propulsés dans l'univers Marvel, ce qui aura des conséquences, apparemment, sur les séries Fantastic Four et Wolverine, Millar ayant visiblement décidé d'exploiter ces personnages dans les séries régulières qu'il scénarise.

Un titre plutôt sympathique, mais pas sans défauts, qui montre les vilains sous un jour différent.