16 juillet 2009

Entretien avec... Davy Mourier !

Il est animateur, scénariste, acteur, il vient de sortir une excellente première BD (cf cette chronique) aux éditions Adalie, Davy Mourier a accepté de venir nous parler de ses projets mais aussi de ses préférences en matière de comics. Rencontre avec un artiste inclassable et incontournable.


Neault : Bonjour Davy et merci d’avoir pris un peu de ton temps pour répondre à ces quelques questions.
Davy : De rien… mais vu qu’il est minuit et que je suis crevé, je vais être pas hyper prolixe tu es prévenu. D’habitude je parle pendant des plombes, là… je vais être sûrement moins chiant que d’habitude. Désolé.

- Alors, tu sors ta première BD aux éditions Adalie, avant d’aborder le fond, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur le parcours, sans doute long, qu’un artiste doit affronter avant d’avoir son « bébé » dans les mains ? Tu as frappé à beaucoup de portes, l’accouchement a été difficile ?
- Je propose des BD à des éditeurs depuis plus de 10 ans. Au début j’étais con et je me rendais pas compte des merdes que je proposais. Un jour un éditeur m’a même demandé si j’avais pris des cours de dessin. J’ai arrêté de dessiner pendant 2 ans. Puis après avoir appris à un peu mieux dessiner avec mon blog, j’ai retenté le coup avec les éditeurs… et ça n’a rien donné. Jusqu’au jour où j’ai reçu un mail des éditions Adalie qui me proposaient d’éditer une BD de mon blog. Comme quoi, lorsque les gens disent : si tu crois qu’il t’arrivera des choses si tu restes assis chez toi… j’ai envie de dire… ben oui.


- Tu as choisi de te mettre en scène dans les deux récits qui constituent cette première œuvre, quelles sont les raisons d’une telle démarche ?
- Je suis narcissique et égocentrique, alors ça aide… Et puis vu que les histoire sont totalement autobiographiques ça paraissait logique. Je suis incapable de raconter une histoire en BD qui ne me soit pas arrivé.


- Tes proches ont lu ta BD ? Quelle est leur réaction lorsqu’ils voient leurs versions papier ?
- Oui mes proches ont lu ma BD. Nolwenn a été vraiment touchée de voir l’histoire imprimée sur du papier. Ma mère est fière et mon père m’a dit : « alors c’est bien, mais deux trucs, la BD là, où les fonds sont rouge, ben tu aurais pas dû mettre que du rouge c’est moche. Et pour la BD sur moi, d’où les calculs étaient dans mon foie ? C’était dans les intestins, c’est une belle bourde. Allez, salut. »


- Y aura-t-il un jour une version dessinée de ta fameuse soirée à Lyon avec le type bourré et son « rétro cassé » ? Je ne crois pas que c’est une question que l’on risque de t’avoir déjà posée celle-ci ! Par contre, tout le monde ne comprendra peut-être pas l’allusion. ;o)
- Ahahaha ! non ça je l’ai pas dessiné. Ça aurait été trop long pour une simple scénette. J’ai choisi la vidéo pour raconter cette histoire à cause de ça… et aussi parce que je ne sais pas dessiner les voitures.


- Il y a un mélange, dans tes histoires, de légèreté et de noirceur, un peu comme si l’on passait par des phases d’euphorie puis de violente déprime. C’est ainsi que tu fonctionnes dans la vie ?
- Oui. Je suis un peu bipolaire. Je suis toujours entre le verre a moitié vide et a moitié plein. Je ne sais pas pourquoi je m’use à faire autant de choses mais… je ne vois pas de raison de vivre si je ne les fais pas.


- Cette première œuvre est entièrement numérique, pourrais-tu, par la suite, changer totalement de procédé ? Et d’ailleurs, une prochaine BD est-elle déjà prévue ?
- Alors oui une prochaine BD est prévue, je dirais même que je travaille sur trois BD.
« Mouarf » qui est entièrement numérique, « Mouarf 2 » qui mélange un tout petit peu de dessins papier et de numérique et « 41 euros, pour une poignée de Psychotrope » qui sera un vrai mélange de numérique et de dessin au pinceau.


- Quittons un peu la BD pour revenir à toi et tes très larges activités. Tu es un artiste multicarte : dessinateur, scénariste, acteur, animateur, réalisateur, quelle est, de toutes ces activités, celle qui te permet le plus de t’épanouir ?
- Ahah… bonne question… parce que je crois que j’ai besoin de l’équilibre de tout ça pour pas m’emmerder. Mais… mmm… je pense qu’animer ça me fait du bien, c’est un exercice simple, sans besoin de grande préparation, j’improvise et je dois faire quelque chose avec pas grand-chose. C’est bon et jouissif.


- Difficile de te parler sans aborder Nerdz, une série dans laquelle les références sont légion (et qui est, en plus, tournée chez toi !), c’est un binz uniquement pour les geeks ou il y a un peu plus et je vous le mets quand même ?
- NerdZ c’est pour les gens de ma génération et pas que pour les geeks. Nerdz c’est une série drôle avec des bouts de geek dedans, mais c’est aussi glauque et c’est une volonté de notre part. C’est notre manière de décrire le monde, on rigole parce que c’est flippant comment c’est moche la vie.


- Tu sembles être un accro de la vidéo, tu filmes presque tout et tout le temps, est-ce que ça ne « bouffe » pas un peu parfois la vraie vie ? Dans le sens où tu pourrais, à force, jouer des scènes plutôt que d’être dans une attitude « normale » ?
- Je ne pense plus avoir de vraie vie. Je pense pas être prêt à avoir une vraie vie. Mais oui, c’est usant pour mes proches. Je ne sais pas si je me force… je fais tout pour théâtraliser ma vie de manière consciente. Sinon je m’emmerde.


- Je sais que tu es un lecteur de comics, tu as commencé quand et avec quels titres ?
- Ouaaaaaaaaaa…. Euh… Spider-Man en 81 ou 82. Je lisais Nova, Strange, etc…


- A l’heure actuelle, quelles sont les séries, Marvel ou autres, que tu suis ?
- Je suis les X-men, Spider-Man, tout ce qui est Ultimate, Marvel Heroes.


- Y a-t-il des dessinateurs ou scénaristes américains que tu apprécies particulièrement ?
- Tim Sale, Loeb, Alan Moore, Miller, Mignola, Robert Kirkman, Cory Walker, Whedon.


- Si Quesada t’appelle demain, en te disant qu’il te propose n’importe quelle série en tant que scénariste, tu prendrais quoi et, surtout, tu changerais quoi dans la vie du perso dont tu maîtrises le destin ?
- Ah putain le rêve. Tu me rentres un fantasme dans la tête auquel je n’aurais jamais pensé. J’avoue que c’est trèèèèèèèès dur. Je pense à Gambit, Wolverine, Rogue, Venom, Madrox… mais je pense que je prendrais Spidey. Parce que je n’aime pas la direction qu’il a prise aujourd’hui, parce que je déteste le traitement qu’a eu Gwen Stacy dans le film. Je voudrais raconter une histoire un peu à la Spider-Man : Blue, une histoire qui réhabilite Gwen comme le vrai amour de Petey. Je pense que je raconterais leur dernière journée ensemble avant sa disparition. Une histoire d’amour avec quelques bastons dedans et on ne verrait presque pas tante may.


- Pour terminer mes entretiens, je demande toujours à mon invité ce qu’il aurait aimé comme super-pouvoir… mais bon, en fait, pour corser le truc, je vais te demander de choisir un pouvoir différent des autres. Donc, les pouvoirs interdits sont : ubiquité et manipulation de la matière au niveau moléculaire (Thierry Mornet, ben oui, il en a choisi deux mais c’est un éditeur alors il fait un peu ce qu’il veut), immortel ou faire ce qu’il veut avec ses cheveux (Aleksi Briclot, il en a choisi deux aussi mais sans savoir vraiment lequel prendre), se démultiplier à la Madrox (Jérémy Manesse), taper très vite sans faute de frappe (Bruno Bellamy), voler (Annabel) et Cyrus qui, perfidement, a cité le pouvoir de Malicia afin de les tester tous.
Il reste encore des trucs cool, j’en suis sûr !
- Alors mon super pouvoir, vu que Madrox a été pris… ben la super vitesse de Flash.. Comme ça je pourrais être partout a la fois. Produire 10 000 fois plus. Lire des tonnes de choses. Aller manger un burger à LA et prendre un dessert à Tokyo. Tout faire avant de mourir…vu qu’immortel a été pris… ou arrêter le temps ce qui reviendrait un peu à la même chose.


- Merci beaucoup Davy de t’être prêté au jeu, je te souhaite le meilleur pour la suite. ;o)
- Merci à toi…

Il était une fois une fille que j'ai rencontrée deux fois aux Editions Adalie (<-- click)