18 novembre 2009

Sympathy for the Devil

Suite des aventures du Diable Rouge dans le 100% Marvel Daredevil #18 qui débarque aujourd'hui en librairie.

Matt Murdock est de nouveau seul depuis que sa femme Milla a perdu la raison. Pire encore, les médecins ont insisté pour qu'il ne lui rende plus visite. Alors Matt cède peu à peu la place à Daredevil. Il passe sa rage la nuit, dans les ruelles sombres, en cassant de la racaille.
Pourtant, c'est à l'avocat que vont faire appel Luke Cage puis Dakota North. Un homme est en prison pour un crime qu'il n'a pas commis. Trois meurtres en fait, trois gamins décapités. Ben Donovan a avoué. Il n'a plus que six jours à vivre avant de passer sur la chaise électrique. C'est une crapule mais, de ce crime là au moins, il est innocent. Il cherche donc à protéger quelqu'un.
Dakota et Matt vont vite découvrir que cette affaire possède des ramifications au plus haut niveau de l'état. On les menace, on les surveille. On va même essayer de les éliminer. Et cette fois, le justicier de Hell's Kitchen devra affronter le FBI et la CIA. Pour sauver un pauvre type, mais aussi pour se sortir d'une torpeur qui pourrait bien devenir mortelle.

Voici donc une nouvelle fournée de six épisodes de l'on-going Daredevil. Toujours Ed Brubaker au scénario qui va se faire aider par Greg Rucka et Ande Parks. Les auteurs conservent le ton sombre et l'ambiance polar propres à la série. Pour ce qui est du Daredevil déprimé qui touche le fond et passe ses nerfs en jouant des poings, Bendis nous l'avait servi il n'y a pas si longtemps que cela, mais heureusement, l'intrigue policière prend vite le pas sur l'auto-apitoiement.
L'on retrouve également avec plaisir les personnages secondaires qui s'invitent souvent dans la série, comme Luke Cage et la jolie Dakota North qui semble en fait avoir un peu le rôle d'une Jessica Jones depuis que celle-ci s'occupe de son bébé au lieu de jouer les détectives privés. D'ailleurs, si Cage en impose toujours autant lors de ses apparitions (du genre "force tranquille"), Dakota prend ici une ampleur qui est plutôt bien vue. L'un des personnages suggère même une possible idylle future entre elle et Matt, ce qui la mettrait du coup en dangereuse posture (cf Milla, Karen, Elektra et cie ainsi que ce petit sujet).

Niveau graphisme, en plus de l'habituel Michael Lark qui maîtrise largement son sujet, il faut signaler la présence de Chris Samnee et Paul Azaceta. Plutôt bon à part le premier épisode dont les dessins paraissent assez grossiers. L'on pourrait penser que le problème vient de l'encrage, très appuyé sur certains traits, mais étant donné que tout revient à la normale ensuite et que c'est Stefano Gaudiano qui continue à encrer, la responsabilité en revient donc à Azaceta. Lorsque Lark reprend ensuite les choses en main, tout rentre dans l'ordre.
Globalement, on a plutôt de belles planches, des personnages crédibles et une trame efficace.
La traduction est correcte à part un "dardevil" qui a échappé à la légendaire vigilance paninienne. Un reproche également sur les crédits qui ne sont pas détaillés, il faut passer par le site Marvel officiel pour savoir qui fait quoi dans chaque épisode. Mais on n'est plus à ça près, lorsque le bateau prend l'eau, on ne s'inquiète plus de savoir si les couverts sont propres.

Du bon Daredevil, agréable à lire et bien dialogué.