16 novembre 2009

White Queen, Dark Reign

Le X-Men #154 de ce mois nous dévoile un pan du passé de la troublante Emma Frost dans un annual lié à Dark Reign.

On rentre tout de suite dans le vif du sujet avec X-Men : Legacy. Scénario de Mike Carey, dessins de Phil Briones (Wanderers, Sub-Mariner, White Tiger). A propos de ce dernier, Panini trouve le moyen de nous mettre une pastille sur la cover en le qualifiant de "superstar". Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Personnellement j'aurais été jusqu'à "dieu vivant", "empereur des crayons" ou "grand générateur d'orgasmes célestes". Bon, je n'ai rien contre cet artiste évidemment, mais je doute qu'il soit une "superstar". Il serait étonnant que le grand public (qui ignore tout de Briones) se mette à acheter la revue juste à la mention de son nom, et pour ceux qui l'achètent déjà... ce n'est pas plus utile.
Niveau histoire, Charles Xavier a trouvé un nouveau type à emmerder : Cain Marko. Depuis qu'il a retrouvé l'usage de ses jambes, j'ai l'impression qu'il passe son temps à chercher qui il pourrait bien gonfler. Là c'est tombé sur le Fléau et à part la raclée - malheureusement virtuelle - qu'il met au moraliste de service, ce one-shot n'a pas grand intérêt.

On attaque le gros morceau avec le Uncanny X-Men Annual #2.
Le récit est centré sur Emma Frost et la relation particulière qu'elle a tissée voici bien longtemps avec Namor. On suit en parallèle les évènements actuels, faisant écho à Dark Reign, et des flashbacks remontant à l'époque où Emma était la Reine Blanche du Club des Damnés. On va retenir surtout de ce long épisode deux choses : d'une part, le rôle politique stratégique qu'Emma tient maintenant dans la communauté mutante (elle manoeuvre tout de même suffisamment habilement pour offrir une protection atlante aux mutants, ce qui n'est pas rien), d'autre part, dans un registre plus léger, on sait maintenant que le roi des sardines n'apprécie pas uniquement Sue Richards mais qu'il lui arrive aussi d'être attiré par d'autres blondes. ;o)
Matt Fraction a écrit le scénario et c'est Mitch Breitweiser qui s'est chargé des dessins. Un annual sympa mais certainement difficile à aborder pour le profane étant donné les nombreuses références au passé et une narration qui peut parfois paraître peu claire.

On continue avec les Young X-Men du tandem Marc Guggenheim (scénario)/Ben Oliver (dessins). Encore des flashbacks et surtout de nombreux personnages qui s'entrecroisent. Plus les cachotteries de Cyclope (que l'on accuse même d'employer des méthodes dignes de Xavier, insulte suprême !). L'épisode est assez haché et l'on a du mal à vraiment éprouver de l'empathie pour des protagonistes qui manquent d'épaisseur et dont je serais bien en peine de décrire la psychologie, sauf peut-être pour un ou deux d'entre eux.
Et enfin on termine avec un court épisode, issu de X-Men : Manifest Destiny #3, qui dévoile les origines de Graymalkin. Moi qui parlais d'épaisseur, ça ne fait que huit planches mais c'est pas du luxe ! On peut enfin ressentir un début de quelque chose pour cet étrange mutant aux yeux globuleux. Toujours Guggenheim au scénario accompagné cette fois de Yanick Paquette pour la partie graphique.

Le bilan s'avère mitigé. Tout n'est pas à jeter mais on est loin du souffle épique ou même d'une simple tension dramatique qui entretiendrait l'intérêt pour les naguère si populaires mutants. On a l'impression que les scénaristes se débattent depuis pas mal de temps avec les mêmes thèmes (perso, Shaw et le club des damnés, j'en peux plus) sans vraiment avancer. Même Xavier, qu'il aurait été judicieux d'écarter de manière définitive (et par "définitive", j'entends le faire passer dans un sanibroyeur), fait un retour en force. Quant aux évènements du style Messiah Complex, même s'ils démarrent souvent bien, ils finissent la plupart du temps en pétard mouillé. Résultat, la revue X-Men est celle que je lis en général en dernier dans les publications Marvel régulières. Ce qui n'est certes pas bon signe...

Du X-Men basique, sans grande ambition, sauvé par la présence de la superstar... Emma Frost. ;o)