22 novembre 2009

Silverfish : un cinglé, un poisson et quelques victimes

Accélération du pouls et sueurs froides au menu de Silverfish, un titre publié par Panini dans sa collection Vertigo GN.

Mia se retrouve seule pour le week-end. Débarrassée de sa belle-mère, elle invite quelques amis et se prépare à faire la fête. La soirée dérape lorsque Mia se met à fouiller dans les affaires de Suzanne, la compagne de son père. Un carnet d'adresses permet au groupe de téléphoner un peu au hasard, en quête d'informations sur le passé obscur de la jeune femme. Seulement personne ne semble la connaître. Jusqu'au moment où le numéro à ne surtout pas faire est composé...
Pour Mia et sa jeune soeur, le pire est à venir.
Un couteau bien caché, une énorme somme d'argent en liquide, un tueur avec un poisson dans la tête. Autant d'éléments qui viennent de faire irruption dans la vie pourtant paisible d'adolescents un peu trop curieux.
Avant la fin de la nuit, la plupart regretteront d'avoir été assez malins pour percer un si dangereux secret.

Le scénariste et dessinateur de cette histoire, David Lapham, est loin d'être un inconnu puisqu'il a signé chez Marvel la mini-série Spider-Man : With great power ou encore le récent Terror, inc. Il avait également participé au recueil Matrix paru en 2008. Cette fois, il signe un thriller plutôt réussi chez Vertigo.
Dessins en niveaux de gris, format compact (qui influe aussi sur l'ambiance générale) et noirceur des planches donnent le ton. Tout comme les personnages, le lecteur commence par être intrigué puis vaguement inquiet avant de terminer dans une sourde angoisse pour le rush final. Lapham mène son récit avec maîtrise, en nous promenant sur de fausses pistes ou en utilisant des effets et cadrages d'une grande habileté. Certaines scènes, comme l'une où les personnages sont au téléphone par exemple, emploient les "silences" et le lettrage d'une manière très efficace. On sent la peur monter, les coeurs battre et on sursauterait presque à la moindre onomatopée.
Quant aux protagonistes, même s'ils n'échappent pas à quelques clichés, ils sont suffisamment crédibles pour que l'on puisse s'inquiéter de leur sort et frissonner avec eux.

Un petit mot sur la quatrième de couverture. Un extrait de critique décrit Silverfish comme un polar, ce qui ne me semble pas le terme le plus approprié, mais surtout comme "sans doute la meilleure BD de ces dernières années". Bon, faut pas exagérer. A moins de lire très peu de comics, celui-ci n'arrive tout de même pas au rang d'incontournable. Est-il vraiment utile de prétendre, pour chaque oeuvre publiée, qu'elle est la meilleure du genre ? Le lecteur avisé sait déjà à quoi s'en tenir et pour ce qui est du lecteur occasionnel, lui mentir n'est certes pas la meilleure façon de le faire revenir. On peut manger de très bonnes pâtes ou de très bons hamburgers sans prétendre qu'il s'agit là de la cuisine la plus originale et extraordinaire au monde.
Donc non ce n'est pas la meilleure BD de ces dernières années, et c'est plus un thriller qu'un polar au sens strict. Cela n'empêche pas de passer un bon moment en savourant cette lente glissade vers la folie.

A lire tard le soir, avec une petite lumière tamisée et un oeil complice.