20 novembre 2009

Ultimatum : Bilan de l'Hécatombe

L'évènement Ultimatum prend fin dans le Ultimates #43, disponible en kiosque.
[attention : spoilers inside]

Après le gigantesque cataclysme déclenché par Magneto, les héros tentent de faire face. Wolverine est parvenu à stopper les vagues d'attentats suicides perpétrés par les doubles de Madrox mais tout n'est pas terminé pour autant. Charles Xavier a été abattu, Spider-Man est porté disparu, Hank Pym s'est sacrifié après la mort tragique de la Guêpe...
Les survivants décident de contre-attaquer en frappant la citadelle de Magneto. L'issue du terrible combat qui s'engage risque d'être fatale pour la plupart des surhumains.
Heureusement, il reste un espoir. Richards et Fatalis, alliés devant l'ampleur des évènements, se rendent dans l'univers de Supreme Power afin de ramener Nick Fury qui y était exilé (cf cet article). Reste à savoir si son expérience des situations de crise suffira à endiguer la catastrophe.
Pour les habitants de l'univers 1610, plus rien ne sera jamais comme avant...

Voici donc la fin de la saga Ultimatum orchestrée par Jeph Loeb au scénario et David Finch aux dessins. Et pour une fois, on ne peut pas dire que l'évènement aura été survendu. Au moins en ce qui concerne les morts en tout cas. La liste des victimes est en effet assez ahurissante : les X-Men sont très sévèrement touchés (Wolverine, Cyclope, Angel, Beast...), Daredevil et Strange passent l'arme à gauche, tout comme Fatalis et Magneto, ainsi qu'un grand nombre de personnages plus secondaires. Sans parler des disparus (dont Spidey) et des millions de victimes civiles.
Le choc est si immense que l'univers Ultimate aboutit à une situation de type post Stamford (la tragédie qui avait engendré le recensement des héros et la guerre civile dans l'univers classique). Les autorités annoncent notamment que tous les mutants seront obligés de se rendre s'ils ne veulent pas être traqués et abattus. La mesure paraît drastique mais elle est cependant soutenue par certains mutants eux-mêmes. Il faut dire que le traumatisme est mondial ; New York est ravagée, le parlement britannique et ses membres ont été anéantis, la Latvérie, le Wakanda, la Terre Sauvage et le reste du monde sont également touchés. Ultimatum laisse donc un univers ultimate plus sombre mais bizarrement débarrassé de certains de ses plus emblématiques super-vilains.

L'histoire qui démarre comme un film catastrophe se transforme ensuite en une longue suite de combats, nombreux mais brefs. Etrangement, la plupart des personnages meurent sans beaucoup d'intensité dramatique. Les décès sont parfois spectaculaires mais manquent de lyrisme. On peut toutefois noter quelques exceptions, comme la mort de Hank Pym ou celle du Madrox original (contée en détail dans Ultimate X-Men #53). Reste à savoir si ces morts le resteront définitivement. A priori, la manière radicale dont certains sont éliminés laisse à penser que oui. Entre des crânes qui explosent, des corps pulvérisés ou des balles en pleine tête, il y a peu de place pour d'éventuelles futures "résurrections".
Le grand ménage est fait mais était-il nécessaire ? Sans doute.
L'univers Ultimate a déjà maintenant quelques années d'existence et il a généré sa propre continuité. Pour justifier ses séries et maintenir leurs ventes, il est nécessaire de le différencier du 616 classique mais aussi de le considérer comme une aire de jeu où toutes les expérimentations, même les plus radicales, sont possibles. Un 616 bis aurait peu d'utilité et se condamnerait à plagier sans grande ambition son prestigieux grand frère. Même si l'on peut retrouver des points communs entre les deux, le virage violent du 1610 semble indiquer une volonté double : d'une part éviter l'effet "usine à gaz" avec des persos inutiles en recentrant les sagas sur quelques figures principales, d'autre part l'envie peut-être de ne pas s'enfermer dans le statu quo inébranlable et stérile qui a fait tant de mal au 616 (OMD en étant l'exemple récent le plus douloureux).

L'intérêt possible de cet Ultimatum résidera donc essentiellement dans les nouvelles séries qui vont en découler et dans l'orientation que les scénaristes donneront à ces dernières plus que dans le récit en lui-même.
Une chose est certaine, il s'agit d'une page qui se tourne et non d'un retour à la case départ, ce qui est déjà en soi un point positif. Pour le reste, 2010 nous le dira.

ps : encore une jolie bourde de traduction dans ce numéro. A un moment, un texte explicatif annonce "La Maison Blanche. Le pouvoir suprême de l'univers." Ce qui ne veut évidemment rien dire. En fait, il faut lire "L'univers de Supreme Power", ce qui permet de situer l'action. C'est évident lorsque l'on suit les séries Marvel, un peu moins sans doute quand on traduit ça comme si c'était une notice Ikea et que l'on fait du mot à mot sans se préoccuper du sens.