17 novembre 2009

Timestorm 2009-2099

Le Spider-Man hors série #29, sorti aujourd'hui, fait se télescoper l'univers Marvel classique et le monde de 2099.

Alors que Spider-Man se balade tranquillement d'un immeuble à l'autre au-dessus de Manhattan, un type ressemblant au Punisher lui tombe dessus avec la ferme intention de lui faire payer "ses crimes". Mais alors qu'il est touché par un tir, Parker se retrouve projeté dans le futur, en 2099 précisément.
A cette époque, les corporations contrôlent le monde. Les plus riches des citoyens habitent les rares villes civilisées restantes alors qu'à l'extérieur, les plus pauvres tentent d'échapper à des hordes de Hulks affamés. Ajoutons au tableau la "toile d'honnêteté" qui permet de savoir à tout moment ce que chacun fait, les punishers et Public Eye, et l'on aura en gros une situation guère enviable.
C'est dans ce contexte étrange que Peter Parker va rencontrer Miguel O'Hara, celui qui deviendra le Spider-Man de son époque. Ensemble, ils vont devoir faire face aux conséquences d'un orage temporel qui pourrait bien anéantir les structures même de l'espace-temps.

A la base, ressortir l'univers de 2099 (créé au début des années 90) des cartons n'est pas une mauvaise idée. Ce monde regorge de concepts intéressants et cantonner O'Hara aux seuls Exilés est une fin de carrière que l'on ne souhaiterait à personne. C'est Brian Reed (Ms. Marvel, Secret Invasion : Spider-Man) qui va se charger de scénariser ce crossover temporel. Les dessins sont réalisés par Eric Battle, Wesley Craig et Frazer Irving.
Au niveau des guests, l'on a pas mal de monde : Wolverine (forcément !), Luke Cage, Cap, Fatalis et même Iron Patriot. Seulement, Reed a beau avoir un casting prestigieux, il ne s'en sert pas de la meilleure manière qui soit. Si pour le thème du sempiternel voyage dans le temps, l'auteur n'avait guère le choix, sa façon de l'exploiter laisse plus que perplexe. J'ai peut-être été particulièrement inattentif mais de nombreux points de ces six épisodes me semblent obscurs. Tout d'abord, pourquoi diable les personnages de l'univers 616 touchés par l'agent Gallows sont-ils propulsés en 2099 ? Et pour quelle raison Lyla manipule-t-elle Stone ? Quel intérêt a-t-elle à détruire le futur ? Et pourquoi Zero Cochrane doit-il montrer ses derniers restes d'humanité pour transmettre le message de Fatalis ? Il n'y avait pas plus simple comme moyen de communication ? Genre un e-mail... bref, il faut s'accrocher pour comprendre quelque chose à cette histoire, le dénouement étant aussi lourd que le reste.

Malgré tout, le côté nostalgique est assez sympa. L'on peut d'ailleurs regretter que l'intrigue n'exploite pas au mieux la société de 2099 et ses spécificités effrayantes ou parfois drôles (un hologramme de Cap faisant de la pub pour Rapture, ça vaut le détour). La menace des Hulks, à la prolifération rapide, ou l'utilisation des mégapoles ultra-sécurisées, dans lesquelles règnent paranoïa et impératifs commerciaux, auraient sans doute été des choix plus heureux.
Signalons un petit bonus avec quatre planches d'étude de personnages par Battle. Vu le nombre de pages et le prix, on ne peut pas dire que l'on soit volé. Est-ce que ce Timestorm restera dans les mémoires pour autant ? Il est permis d'en douter.

Pour les fans de 2099 ou les lecteurs qui ont envie de s'amuser à essayer de trouver du sens dans ce récit très brouillon.