12 mars 2010

Scott Pilgrim : Rock, Flirts et Combats

Sortie aujourd'hui du premier tome de Scott Pilgrim, une série déjantée qui a pour but affiché de vous dérider.

Scott Pilgrim a 23 ans. Il habite Toronto, ne travaille pas (lui préfère dire qu'il est entre deux boulots), a un colocataire gay, joue dans un groupe de rock et sort avec une lycéenne, ce qui lui vaut quelques moqueries de temps en temps.
Scott fait également souvent ce rêve étrange et pénétrant, d'une fille inconnue, qu'il aime et qui finit par l'obséder. Jusqu'au jour où il la rencontre. Car elle existe bien, elle s'appelle Ramona Flowers et bosse pour Amazon.ca... quelques commandes de CD, un premier rencard et voilà Scott avec deux petites amies sur les bras.
La gestion de sa vie sentimentale n'est cependant pas le principal problème dont Scott devra s'occuper puisqu'il va maintenant devoir combattre les sept anciens ex maléfiques de Ramona. Heureusement, le jeune homme sait se défendre. Et il est très motivé.

Alors là, on laisse tomber les indiens badass, les encapés psychopathes et les morts-vivants affamés pour rentrer dans le petit monde de Scott Pilgrim, imaginé et dessiné par Bryan Lee O'Malley.
Style graphique simple et efficace pour cette saga qui commence comme une comédie sentimentale et prend un subit virage vers la folie furieuse avec des autoroutes subspatiales et des combats chorégraphiés par un Kamel Ouali sous acide. Tout cela est plutôt drôle, notamment grâce à des dialogues qui font souvent mouche (en vous arrachant plus de sourires que de rires, mais ce n'est déjà pas si mal). On rentre en tout cas très vite dans l'histoire, l'auteur utilisant des moyens assez originaux pour présenter les personnages et leur situation (le diagramme des possessions de l'appartement est une trouvaille excellente).
Seul petit reproche, les protagonistes se ressemblent beaucoup et l'on a parfois du mal à les reconnaître.

Scott Pilgrim est édité chez Milady Graphics, en format poche. Par contre, je ne sais pas ce que c'est que ce papier, mais le contact sous les doigts est absolument horrible. Du papier de verre serait presque plus agréable au toucher. Et tourner les pages avec des moufles, ce n'est pas évident...
Reste le prix, moins de sept euros, ce qui incitera certainement les plus réticents à donner une chance à ce titre, un peu survendu par un Scott McCloud qui prétend, en quatrième de couverture, qu'il s'agit de "la BD la plus drôle de la planète". Le genre de compliment qui part d'une bonne intention mais qui s'avère difficile à porter.

Une série originale, amusante et bien barrée.
A tester.

Remerciements : Paul Verlaine, Kamel Ouali, Albert Hofmann.