16 mai 2010

Wolverine Noir : Péché Originel

Suite de la collection Marvel Noir avec un Wolverine transformé en détective privé dans le New York des années 30.

Elle s'appelle Mariko, elle est belle, mystérieuse et lorsqu'elle débarque dans l'agence Logan & Logan, avec mille dollars en liquide, c'est plus qu'il n'en faut pour que Jim et Cabot acceptent d'enquêter sur des types louches qui la suivent et semblent vouloir nuire aux affaires de son père.
Malheureusement, alors que Cabot avait trouvé une piste et se renseignait sur un certain Creed, il disparaît de la circulation. Jim Logan prend alors la suite et tente de retrouver son associé. Pas si facile si l'on prend en compte le fait qu'il va bientôt subir une agression au couteau puis être passé à tabac avant d'être laissé pour mort dans une ruelle sombre de Bowery.
Le début des vrais ennuis commence alors pour Logan. Car derrière ces évènements se cache en réalité un lourd secret directement lié à son passé. Une histoire d'amour et de violence qui a laissé bien des cicatrices et qui pourrait faire encore quelques victimes...

Après Spider-Man Noir puis X-Men Noir, c'est maintenant au tour de Wolverine d'être plongé dans une ambiance de vieux polar. Le scénariste, Stuart Moore (Iron Man), ne se prive d'ailleurs pas de jouer sur les gros clichés du genre, notamment avec la scène d'ouverture présentant la jolie demoiselle en détresse venant chercher du secours chez le privé ténébreux qui cogne dur et picole sec.
Le choix de Bowery pour enraciner le récit dans le Manhattan de la fin des années 30 s'avère judicieux, d'autant que l'auteur a fait des recherches historiques pour rendre son histoire crédible. Il nous parle en effet de la construction d'une ligne de métro aérien, qui crachait des gouttes d'huile brûlante sur les passants en contrebas, ce qui est un fait réel qui a notamment marqué le basculement social du quartier, les classes les plus aisées fuyant les machines fumantes et bruyantes pour finalement ne laisser qu'une faune interlope qui fit la réputation de l'endroit. On ne pouvait rêver mieux comme lieu glauque pour planter un récit criminel.

Les dessins sont assurés par C.P. Smith, la colorisation par Rain Beredo. Le résultat, sombre à souhait, est tout à fait satisfaisant, même si les décors sont malheureusement trop souvent réduits au strict minimum, ce qui ne permet pas de profiter pleinement du cadre pourtant si particulier et charismatique. Le côté stylisé et esthétique conserve cependant un charme certain, bien plus réussi en tout cas que la prestation du même artiste sur la série régulière du Griffu (cf Wolverine #154).
Dans le lot des passages obligés, l'on note la présence de Creed ou encore l'entraînement aux arts martiaux suivi par Wolvie dans sa jeunesse. Bien entendu, même si ses griffes sont présentes sous une certaine forme, les pouvoirs et autres aspects super-héroïques sont ici judicieusement laissés de côté. Le trio amoureux et tragique, présenté lors des flashbacks, fait quant à lui habilement référence aux origines de Logan (cf cet article). Cette relecture permet ainsi de changer totalement d'ambiance tout en gardant des liens évidents avec la mythologie du personnage. Au final, voilà un travail sérieux et une histoire solide que l'on aurait aimé un peu plus longue, ces quatre épisodes passant finalement bien vite.

Une mini-série bien ficelée qui adapte les basiques du personnage à ceux du polar.

ps : pour les lecteurs qui souhaiteraient s'associer à une réflexion sur les différents moyens de peser sur Panini et ses égarements (cf cet article ou celui-ci), je rappelle la création du CERCLE sur facebook. Une première piste (un "mois du zéro achat") peut déjà être explorée dans le sujet "Les rapports lecteurs/éditeurs" de la partie "discussions".