27 août 2010

The Authority : Kevin le Magnifique

Retour du plus malchanceux agent du S.A.S. qui va cette fois secourir le Midnighter et se mettre de nouveau dans des situations franchement délicates. Attention cependant, The Authority : Kevin le Magnifique n'est pas à mettre entre toutes les mains !

Lorsque le Midnighter se retrouve en Grande-Bretagne, blessé et séparé du reste de son groupe habituel, il ne trouve rien de mieux que de faire appel à Kev Hawkins. L'homme est un assassin, légèrement homophobe et carrément porté sur l'alcool, mais c'est le seul type en qui Midnighter puisse avoir confiance.
Les deux hommes, qui se détestent cordialement, vont faire équipe et découvrir un programme gouvernemental secret assez épouvantable. Une bonne occasion pour Kev de réfléchir à son lourd passé et de décider s'il s'imposera des limites morales ou sacrifiera tout à son boulot. Un boulot si spécial, qui laisse de si terribles souvenirs, que l'un de ses plus vieux potes a décidé récemment d'en finir avec la vie...

Nouvelle mini-série mettant en scène The Authority (cf cette chronique pour en savoir plus sur les débuts de cette équipe) et notre brave Kev. Nous avions découvert le personnage l'année dernière (cf cet article), sous la plume de Garth Ennis qui reprend ici la même recette musclée pour nous offrir cette suite. L'on reconnaitra sans peine le style de Glenn Fabry pour les covers, en ce qui concerne les pages intérieures, c'est Carlos Ezquerra qui se charge des dessins, dans un style assez passe-partout, ni hideux ni vraiment éblouissant.
C'est de toute façon le récit en lui-même qui fait tout l'intérêt de ces épisodes. Il est en général très difficile de trouver un mauvais Ennis (l'auteur a notamment fait ses preuves sur des séries comme Preacher, The Boys, La Pro ou encore, chez Marvel, le Punisher). Cette histoire ne fait pas exception à la règle et se révèle des plus savoureuses. Comme toujours avec ce bougre d'Ennis, l'on retrouve de la violence, du sexe, quelques perversions mais surtout beaucoup d'humour et un propos qui, malgré sa forme très trash en apparence, cache bien souvent un deuxième niveau de lecture bien plus profond qu'il n'y paraît.

Ici, mine de rien, Ennis va évoquer la solitude des soldats victimes de stress post-traumatique, les compromissions de l'IRA ou même les quotas ethniques et leur côté froid et vain. Rien de démonstratif ou de pleurnichard pour autant, Ennis ayant l'habitude - presque la politesse - d'envelopper ses réflexions dans des scènes hilarantes et inventives.
Si l'on ne retrouve pas d'anecdotes aussi réussies que celles du tigre ou de la Guinness, le tandem Kev/Midnighter fonctionne toujours aussi bien et le lecteur découvrira les raisons (assez scabreuses, évidemment) qui ont poussé Kev à postuler pour servir dans les forces spéciales. Notons également une parodie assez délirante du film Alien dans les premières pages, bref, un contenu riche, agréable et varié.

Fun mais loin d'être bête.
A se procurer absolument, comme toujours lorsque le nom d'Ennis figure sur une couverture.