13 août 2010

Marvel Heroes : Cauchemar

Pas mal de surprises et de bons moments dans le Marvel Heroes #34 qui accueille également la nouvelle équipe créative de l'on-going Thor.

Le fait de succéder à un auteur de la trempe de Straczynski n'a rien d'évident (cf cette chronique concernant la conclusion de son run), pourtant, Kieron Gillen semble tout à fait à la hauteur de la tâche, parfaitement secondé au dessin par un Billy Tan en grande forme également.
Enfin au courant des duperies de Loki et Fatalis, Balder sonne le rassemblement de ses troupes afin de faire payer ses ignominies au monarque de Latvérie. Malheureusement, ce dernier est prêt à l'affrontement et réserve une surprise assez répugnante à ses adversaires.
Le nouveau scénariste reprend bien sûr les intrigues en cours et semble très à l'aise, assurant un passage de relais sans à-coups. Loki, toujours aussi perfide et abject, tire largement la couverture à lui, suivi de près par un Fatalis plutôt impressionnant (il faut dire que prendre la pose, de nuit, sur les remparts, pendant un orage, avec une cape qui flotte au vent et un masque de fer, ça impressionne toujours un peu le touriste).
Bon lancement donc pour ce nouvel arc intitulé Latverian Prometheus.

L'on passe ensuite aux Mighty Avengers avec, là encore, de très bonnes choses. Beaucoup d'humour d'abord. Rappelons que Hank Pym a été bombardé "Scientifique Suprême" par Eternité (le genre de type que l'on a tendance à écouter quand il prend la peine de parler). En gros, le voilà l'équivalent du Dr Strange, mais avec des équations à la place des incantations. Lui qui passait toujours après Richards et Stark, ce n'est pas pour lui déplaire, il est même tout heureux, répétant à l'envie et à qui veut l'entendre son nouveau titre (ce qui a le don d'agacer ses collègues).
A cause d'un Loki qui tire toujours les ficelles dans l'ombre, l'équipe va affronter une menace de niveau Omega aux côtés des... Dark Avengers d'Osborn ! Celui-ci, pris au piège devant les media, ne peut pas faire grand-chose pour éviter l'humiliante collaboration. Cela sera l'occasion d'un petit échange de vacheries assez savoureux entre Pym et Norman.
Christos Gage est au scénario, Khoi Pham se charge - fort bien - de la partie graphique. Voilà encore un épisode sympa et rondement mené, avec de bons dialogues à la clé.

Le maillon faible de la revue est évidemment le Hulk de Jeph Loeb (scénario) et Ian Churchill (dessin). Tiens, à ce propos, Chris Giarrusso est crédité sur le site officiel Marvel, mais pas dans la VF. A-t-il participé aux dessins ou bien y avait-il un supplément dans la VO ? Si quelqu'un connaît la nature exacte de son apport, je suis preneur.
Bon, sinon, le récit reste toujours aussi peu intéressant. Par contre, alors qu'avant cela avait au moins l'avantage d'être vite expédié, maintenant, en plus, ça devient verbeux. Vraiment pas une réussite en tout cas, surtout quand on sait à quel point le potentiel de Loeb est grand.

Pas de panique, l'on retrouve du haut de gamme pour le final avec la série Avengers : The Initiative.
Le scénario est de nouveau signé Christos Gage (qui commence tout de même à devenir une sacrée référence), les dessins sont l'oeuvre de Jorge Molina. Visuellement, c'est un sans faute. Personnages très réussis, belles scènes d'action, visages expressifs, un véritable plaisir pour l'oeil.
L'histoire est soignée également, avec un Cauchemar dont les menaces se concrétisent rapidement. L'on apprend du même coup les origines de Trauma alors qu'une grande place est consacrée à Penance (ex Speedball) et à sa prise de conscience (il était jusqu'ici manipulé et ne se rappelait plus les évènements qui l'avait conduit à rejoindre les Thunderbolts puis l'Initiative). Quelques clins d'oeil assez drôles également, comme la révélation du pire cauchemar de Guignol. Un gag en une seule case mais qui tape juste. ;o)

Dans l'ensemble, à part un Rulk poussif, voilà une fournée estivale de grande qualité qui confirme la domination sans partage des titres orientés "Heroes".

- Alors, tu tabasses toujours les femmes ?
- Tu les balances toujours des ponts ?
Norman Osborn et Hank Pym, sous la plume de Christos Gage.