15 août 2010

X-Men : Naissance d'une Nation

Coup d'envoi de Nation X dans le X-Men #163 de ce mois.

Après avoir quitté la côte Est pour la Californie, les mutants ont levé le camp une fois de plus pour rejoindre une ancienne base de Magneto qui leur sert maintenant d'ilot refuge. Les deux épisodes d'Uncanny X-men qui ouvrent la revue sont consacrés au début d'un nouvel arc développant des intrigues liées à cet évènement.
Tout d'abord, le statut réel de la base reste à définir. Scott Summers, en tant que leader, navigue un peu à vue et ne sait pas encore si ce repaire sera un état souverain, un camp de réfugiés ou une sorte de foyer. De nombreux problèmes pratiques se posent déjà, que ce soit pour l'approvisionnement en nourriture ou même la conduite à tenir en cas de décès d'un habitant.
Les mutants sont justement en pleine cérémonie funéraire lorsqu'ils sont interrompus par l'arrivée de Magneto en personne. Ce dernier semble visiblement animé de bonnes intentions et fait même publiquement allégeance à Cyclope. Scène assez surprenante, avouons-le.
Bien entendu, l'énervant Xavier est là et se trouve dans l'obligation de la ramener. Vu ses nombreux échecs et son attitude pour le moins fort peu morale, l'on pourrait penser qu'il se ferait discret, mais bien au contraire, il est plus que jamais présent, expliquant à chacun - et Scott en particulier - ce qu'il a à faire...

Matt Fraction est au scénario, Greg Land s'occupe des dessins.
Graphiquement, c'est du Land, donc plutôt beau et léché. Ce récit (prévu en huit parties) semble assez prometteur. Entre les dissensions internes et les menaces extérieures, la naissance de cet état laisse entrevoir de nombreuses possibilités, ne serait-ce que sur les difficultés de mise en place des organes essentiels (Justice, Défense, relations extérieures...) et des règles de vie communes. D'autant que même sans parler de Xavier, il existe déjà des tensions entre Scott et McCoy. Quant à Emma Frost, elle semble plus froide que jamais, mais pour une raison aisément compréhensible.
Les auteurs terminent en plus sur un cliffhanger qui donne envie de connaître la suite. Plutôt du positif donc, espérons que si des avancées significatives ont lieu, elles ne seront pas annulées par un brusque retour en arrière, comme l'on en a si souvent l'habitude.

On continue avec Dark X-Men #1. Cette fois, le scénario est signé Paul Cornell et les dessins sont l'oeuvre de Leonard Kirk. L'on retrouve les X-Men de Norman Osborn (dont on avait pu suivre la formation ici) sous la direction de Mystique. Elle a sous ses ordres Mimic, Omega et Dark Beast.
Contre toute attente, l'équipe fonctionne bien et se révèle même assez intéressante. Beaucoup d'humour notamment dans les relations entre les personnages, ce qui n'est guère étonnant vu la personnalité des recrues. Petite trouvaille assez sympathique ; Mystique a décidé de prendre l'apparence de Jean Grey lors de ses apparitions publiques. Uniquement pour énerver Scott et sa bande bien sûr. ;o)
Un sacré groupe en tout cas, un peu à l'image d'Osborn, c'est à dire très borderline. Omega à lui seul s'avère une vraie plaie sur le terrain plutôt qu'une aide véritable.
L'on retrouve ici l'écriture de Cornell qui avait tant séduit sur Wisdom, ce qui est un véritable bonheur. Pourvu que ça dure !

Enfin, les New Mutants viennent clore le mensuel. Après la longue (et ennuyeuse) lutte contre Légion, la petite bande est en phase de débriefing. C'est déjà plus agréable à lire, les relations entre les protagonistes sont également plus développées.
Pour les nouveaux lecteurs, l'on peut regretter qu'il n'y ait pas de récapitulatif sur les personnages, avec noms et pouvoirs, un peu comme les petites vignettes que l'on retrouve dans Uncanny ou Dark X-Men. Pour le reste, la représentation de la psyché ravagée de Légion est intéressante, par contre, les dessins manquent un peu de soin. Le visage de Sam notamment est une catastrophe. Il est tantôt bouffi, d'autres fois trop allongé, et sur une case, il a les yeux si rapprochés que cela lui donne un air d'abruti fini. Cette performance est signée Zachary Baldus (que je ne connaissais pas, et franchement, j'aurais préféré que ça continue). Le scénario, lui, est entre les mains de Zeb Wells.
Du mieux donc, au niveau de l'histoire en tout cas, mais la prudence reste de rigueur avec ce titre.

Une revue assez bonne dans l'ensemble, ce qui aurait tendance à faire un peu mentir le bilan que je dressais il y a peu sur les séries X. Dans ce cas précis, je souhaite sincèrement que l'avenir prouve que cet état des lieux alarmiste n'avait pas lieu d'être.