06 janvier 2009

Punisher : Long Cold Dark

Le tome #12 du Punisher dans la collection Max met en scène la confrontation finale entre Frank Castle et le fameux Barracuda. Attention, la nuit va être longue et froide.

Barracuda est une sorte de montagne de muscles dopée à la folie furieuse, le genre de type dont il ne vaut mieux pas croiser la route. Le Punisher, lui, avec sa diplomatie habituelle, a réussi à s'en faire un ennemi mortel. Et même s'il l'a jeté aux requins, s'il lui a crevé un oeil, coupé des doigts, tiré dessus à bout portant, il n'en est pas venu à bout. Barracuda revient donc s'en prendre au vieux Frank mais il a cette fois un avantage inattendu. Alors que tout le monde pense que la famille de Castle a été massacrée à Central Park, le criminel a réussi à mettre la main sur le seul descendant du Punisher encore en vie.
Lorsque deux tueurs dangereux et armés jusqu'aux dents s'affrontent dans un combat titanesque, combien de temps un bébé peut-il tenir au milieu ?

Après le Punisher War Journal fin décembre, c'est maintenant la série Max du Punisher qui est à l'honneur en ce début d'année. Toujours Garth Ennis (The Boys, Ghost Rider, Preacher) aux commandes et une ambiance résolument sanglante. Avec Barracuda, dont on avait pu suivre les débuts dans le Punisher #8 (et qui avait même eu droit à sa propre mini-série, cf Punisher #10), il n'était pas évident d'aller encore plus loin dans la surenchère de violence. Ennis y parvient pourtant : amputations, coups de hache, morsures bien placées, gégène, tout y passe ou presque. Mettre un enfant au milieu de tout cela est, du coup, plutôt une bonne idée car cela empêche de tomber dans le grotesque et rajoute une tension bienvenue. Maintenant, c'est évident, ce n'est pas à offrir à votre petit neveu de 8 ans. ;o)

Niveau dessin, ce sont Goran Parlov et Howard Chaykin qui se partagent la tâche. Si Parlov, déjà auteur des péripéties précédentes impliquant Barracuda, s'en sort bien, ce n'est pas toujours le cas de Chaykin. Ce dernier s'était déjà montré relativement limité sur Wolverine (cf cet article) et n'est guère plus à l'aise avec le Punisher. Si l'on peut encore passer sur les traits épais et patauds des visages, il est difficile d'excuser certaines maladresses plus graves. Dès les premières pages apparaissent des erreurs de proportions assez énormes. Sur la septième planche, Castle a même l'air d'être handicapé d'un bras !
Plus anecdotique mais quelque peu irritant de légèreté, certains détails sont passés en pertes et profits. Dans les premiers épisodes par exemple, Barracuda possède une dentition parfaite (et blanche). Or, l'on sait qu'il avait perdu quelques dents depuis sa dernière rencontre avec Castle (cf la scène #36 du Bêtisier). Bon, admettons qu'il soit passé chez le dentiste depuis, c'est possible après tout. Seulement, lors de la transition entre Chaykin et Parlov (qui intervient au milieu d'une même scène), non seulement Barracuda retrouve ses dents en or mais, en plus, celles qui manquent ne sont pas les bonnes ! Dit comme ça, j'ai l'air d'être un orthodontiste très observateur (ou un cinglé) mais si vous avez jeté un oeil au Bêtisier, vous comprenez pourquoi il est facile de s'en rendre compte.

Bon, ceci dit, ces petites imperfections ne sont pas suffisantes pour gâcher le plaisir. Cet arc est un mélange d'action très musclée, de petites touches d'humour et même d'un brin d'émotion. Les fans du Punisher et de Ennis en auront pour leur argent, c'est évident. Précisons que l'album contient une galerie de covers assez fournie puisque, en plus des cinq couvertures des épisodes dont il est question ici, Panini a rajouté les sept du volume précédent (qui n'avaient pas pu être publiées faute de place). Louable attention.
La sortie est prévue le 14 janvier, ce qui paraît étonnant, les sorties librairie se faisant en général plutôt les jeudis, m'enfin bon, c'est pour bientôt quoi. ;o)

Du Punisher bien corsé et bourré de testostérone. Défoulant et savoureux.