02 juillet 2011

Bouleversements Editoriaux

Entre certains droits qui changent de mains et l'arrêt d'une revue bien connue, les choses bougent en ce début d'été sur la scène comics.

On commence par une mauvaise nouvelle : la fin du bimestriel Les Chroniques de Spawn (cf cet article). Cette revue, publiée par Delcourt, était pourtant d'une qualité éditoriale exemplaire. Traductions de qualité, grande réactivité par rapport aux sorties US, suppléments nombreux et intéressants, tout cela démontrait le sérieux et l'implication de l'éditeur et de Thierry Mornet.
Malheureusement, le travail ne suffit pas toujours et le manque de lecteurs aura scellé le sort de la revue.
Ce n'est pas pour autant la fin de Spawn & consorts en France puisque les personnages rempileront, mais cette fois en librairie (cf d'ailleurs le premier tome de l'Intégrale Sam & Twitch, paru récemment, ou encore le premier tome de Haunt, qui avait déjà débuté la migration vers les rayons des librairies).
Voilà en tout cas une révérence tirée la tête haute, sans avoir à rougir d'un parcours dont beaucoup pourraient s'inspirer.

La seconde nouvelle est bien meilleure puisque, on le sait depuis quelques jours, Panini a perdu les droits DC Comics au profit de Dargaud. Bien entendu, c'est encore un changement de cap de plus pour un univers DC déjà historiquement en retrait, en France, par rapport à Marvel et qui a souffert d'un parcours chaotique. Entre les recompositions incessantes de revues et les remises à zéro (le dernier titre lancé, Batman Universe Hors Série, ne date que du mois de mai), les lecteurs devaient s'accrocher pour rester fidèles à Superman et ses potes, mais quitter le giron paninien, ce ne peut être qu'un bond en avant.
Certains s'inquiètent - un peu précipitamment - de l'inexpérience de Dargaud en matière de comics. Qu'aurait-on dû dire alors à l'époque de Panini, dont l'expérience éditoriale se résumait à publier des supports à  autocollants ? Et puis, Dargaud, c'est le même groupe que Le Lombard, dont la publication de FreakAngels s'est révélée exemplaire. Dargaud lui-même ne fait pas que du format franco-belge et ce serait le méconnaître que de le réduire à Achille Talon ou Valérian (de bonnes BD d'ailleurs, mais assez éloignées de l'univers américain). En effet, Dargaud a déjà montré son savoir-faire avec l'intégrale Peanuts par exemple, mais aussi avec des oeuvres plus confidentielles, comme Ouvert la Nuit (sans parler d'adaptations, françaises mais complexes, comme La Compagnie des Glaces).
Bref, des professionnels, sérieux, très certainement motivés, et qui ont déjà annoncé qu'ils seraient présents non seulement en librairie mais aussi très logiquement en kiosque. Reste à savoir s'ils parviendront à séduire un lectorat échaudé par des expériences malheureuses et toujours craintif lorsqu'il s'agit d'univers partagés continus. Un petit numéro #0 en kiosque, pour rappeler brièvement les grandes lignes de l'univers DC et dresser le portrait des personnages principaux, serait peut-être une bonne idée ? Nous verrons cela et jugerons sur pièces en janvier 2012.
Précisons qu'en plus de la licence DC "traditionnelle", Dargaud a également empoché les (excellents) titres Vertigo et les droits du magazine humoristique MAD.

Bon, ce n'est pas la fin de Panini, la bête n'est pas encore totalement dépecée, mais c'est un excellent début. ;o)