02 janvier 2011

Blackest Night : début en demi-teinte

Le gros évènement de DC Comics arrive en France, dans le DC Universe #59. Cette Blackest Night parviendra-t-elle à sauver l'univers DC du marasme dans lequel il semble stagner en France ?

Difficile de faire comme d'habitude en commençant par un petit résumé de l'intrigue. Difficile parce que pour l'instant, elle se résume à vraiment pas grand-chose. On se recueille devant des tombes, on palabre, on évoque les pertes passées, et puis des anneaux noirs sont dispersés, un peu trop vite pour réellement faire monter la pression.
La revue propose en fait un prologue, les deux premiers Blackest Night (dont le numéro #1, plus volumineux), Green Lantern #44 et le JLA #38.
Au scénario, l'on retrouve un Geoff Johns finalement peu convaincant sur ces seuls épisodes. Au dessin, Ivan Reis et Doug Mahnke se lancent dans une démonstration efficace et lumineuse. Le dernier épisode voit James Robinson prendre le relai, secondé par Mark Bagley au dessin, dont le style sympathique convenait mieux à un Ultimate Spider-Man qu'à une épopée cosmique, surtout après la prestation de Reis.

Malgré les critiques dithyrambiques et le bon accueil général réservé au crossover (notamment en terme de ventes aux Etats-Unis), j'avoue avoir une petite réserve sur ce début d'event. D'autant qu'un Meltzer, sur Identity Crisis, avait su embarquer le lecteur dès les premières planches, et ce même si l'on était peu familier des protagonistes. C'est ici loin d'être le cas. Ce n'est bien sûr que le début, mais l'idée, pour ces premières planches, semble plus forte que sa mise en oeuvre.
Le grand nombre de personnages concernés nuit également un peu à leur développement, d'autant que le récit ne parvient pas non plus à prendre un réel virage épique. L'on passe de moments "mous", qui auraient pu en apprendre plus aux nouveaux venus sur les forces en présence, à des scènes vite expédiées et peu impressionnantes au regard de leur signification. Cette première approche n'égale en tout cas pas Green Lantern Corps : Recharge ou The Sinestro Corps War, qui permettaient d'accéder facilement aux concepts des différents corps, des anneaux et du spectre des émotions.
La traduction, parfois maladroite, de Laurence Belingard ne doit pas franchement aider non plus. On sent en tout cas que ça "accroche" sur pas mal de dialogues et d'expressions, rajoutant un manque de fluidité à l'ensemble.

Pour le moment, l'on reste sur sa faim, le potentiel métaphysique de Blackest Night n'étant que très légèrement survolé, un peu comme si, malgré un bon concept de départ, tout crossover mainstream était condamné à sombrer rapidement dans la facilité et les ornières.
A surveiller tout de même, histoire de voir si la plus sombre des nuits finira par s'illuminer...