28 janvier 2011

Iron Man Legacy : drôle d'héritage...

Début d'une nouvelle série régulière pour Iron Man dans le Marvel Heroes Extra #5.

Suite à un vol de technologie (tiens, les entreprises Stark sont aussi bien sécurisées que Renault), Iron Man se voit moralement contraint d'intervenir en Transie, un petit pays d'Europe de l'Est dans lequel se déroule un grave conflit ethnique.
La tension internationale monte rapidement, d'autant que la Latvérie de Fatalis menace d'employer la force à tout moment afin de protéger ses intérêts...

Bon, on ne va pas en dire plus au niveau de l'histoire, d'une part parce qu'elle n'a rien de bien passionnant, d'autre part parce que, finalement, il y a pas mal de choses à évoquer à propos de cette revue. Et en premier lieu, le petit speech de début. Christian Grasse a dû rester coincé dans une cheminée en voulant jouer les pères Noël car c'est Giorgio Lavagna qui s'en charge. On change de nom mais les obsessions restent les mêmes. La preuve : on nous refait le coup de l'alibi cinématographique. Quand donc les pontes de Panini (et de Marvel d'ailleurs pour une fois) comprendront-ils que ce fameux principe de soi-disant vases communicants ne fonctionne que dans un seul sens ?
Car si les lecteurs de comics vont en effet voir en général les adaptations au cinéma, l'inverse est bien plus hypothétique. D'ailleurs, tous les gens que je connais, dans mon entourage, et qui ont vu Spider-Man ou les X-Men sur grand écran, ne se sont pas mis pour autant à lire des comics. Et à l'époque, je me souviens, quand je suis allé voir Rasta Rockett, c'est pareil, je ne me suis pas abonné pour autant à Bobsleigh Magazine.
Alors, autre truc bien dans l'édito, le gars nous présente un peu les Vengeurs. Bon, on se dit que ce n'est pas une mauvaise idée pour les nouveaux lecteurs, sauf que, en fait, la description se résume à "une équipe qui combat le mal". Ah ben, on est inspiré chez les vendeurs d'autocollants ! Cette définition peut s'appliquer à quasiment toutes les équipes Marvel, voire toutes les équipes super-héroïques de tous les éditeurs. Et en plus, pour le gag... il n'est absolument pas question des Vengeurs dans le récit qui suit. Logique Paninienne.

Revenons-en au principe de cette nouvelle on-going. Il s'agit d'aventures se déroulant dans le passé d'Iron Man (ben... comme un First Class du coup, sauf que là, ils l'ont appelé Legacy. Logique Marvellienne), précisément, à l'époque où tout le monde croit encore que Tête de Fer est un garde du corps de Tony Stark (par contre, il a bien construit sa première armure en Afghanistan, pas au Vietnam. Hop, un petit coup de doublethink !).
Quel est l'intérêt me direz-vous ? Eh bien je serais tenté de dire qu'il n'y en a pas, vu que l'on sait qu'il ne se passera rien de bien méchant. Si encore les arcs étaient exceptionnels, très bien écrits, et que les auteurs en profitaient pour développer des thèmes un peu originaux, mais non. Là par exemple, en terme de guests, on a Dynamo Pourpre et Titanium Man, bref, rien que du très attendu (et c'est là que c'est con, parce que nous, on le sait que ce sont des ennemis classiques d'Iron Man, mais les prétendus lecteurs venus du cinéma, ils s'en tapent non ? Donc, s'ils existent, ça ne leur apporte rien et nous ça nous gonfle. Strike !).

Pour mettre en scène ces combats poussifs et soporifiques, la Maison des Idées a fait appel à Fred Van Lente et Steve Kurth. Pour ce dernier, rien à dire, les dessins sont tout à fait corrects. Passons du coup directement au cas de ce bon Fredo. Déjà, dans le speech final paninien, il est qualifié de "scénariste formidable". Rien de bien étonnant, dès qu'ils parlent de quelqu'un (sauf si c'est Straczynski), on a l'impression que c'est la huitième merveille du monde. Il a fait de très bonnes choses ce Van Lente, que ce soit X-Men Noir, son passage récent sur Amazing Spider-Man ou, dans un registre très différent, Super Philo. Mais, il a aussi écrit des trucs très moyens (Wolverine Legac... heu, non, Wolverine First Class) et même, parfois, plutôt nazes (ses Marvel Zombies, franchement pas les meilleurs de la série). Là, il est dans un de ses moments plutôt nazes. On peut chercher pendant des heures, il n'y a pas le début du commencement de la moindre parcelle d'intérêt dans ces cinq épisodes. On ne se marre pas, on n'est pas ému non plus, il n'y a pas de suspens, encore moins d'intérêt pratique (à ce propos, la frontière commune présentée ici entre Latvérie et Transie semble difficile à concilier avec le propre Atlas Marvel), c'est du plat dans du mou posé sur du vide.
Ce n'est pas épouvantable hein, on peut le lire, c'est juste fade et sans saveur. L'inverse de ce que l'on est en droit d'espérer d'une lecture.
Et la traduction n'aide pas, parce que, vraiment, on ne peut pas dire qu'il y ait réellement des fautes, mais les tournures de phrases sont parfois tellement merdiques que même sans les dire à voix haute, on sent qu'elles sont imprononçables et issues de l'imagination en panne d'une traductrice sans talent (non, c'est pas Geneviève, c'est l'autre). Enfin, quand je dis qu'il n'y a pas de fautes, c'est parfois limite, comme dans l'expression "creuser un trou noir". Un trou noir, ça se creuse pas putain ! ça se forme ! c'est pas un truc qu'on va faire dans le jardin avec une pelle et une pioche !
Tout cela pour dire que ce n'est vraiment pas ça qui va relancer un Marvelverse quelque peu en panne ces temps-ci (et encore moins apporter de nouveaux lecteurs à l'éditeur).

Une nouvelle série dont on n'entendra plus parler dans quelques mois, qui ne donnera rien d'intéressant, dont le premier arc est ennuyeux au possible et traduit de manière laborieuse, ça donne quoi ?
Un comic dont on peut largement se passer.