02 novembre 2011

Best Comics - Avengers : Où va le monde ?

Sortie aujourd'hui de Avengers : World Trust dans la collection Best Comics.

Une à une, les capitales du monde disparaissent, plongeant les pays, laissés sans dirigeants, dans le chaos. Pour faire face à cette situation, le secrétaire général des Nations Unies fait appel aux Vengeurs et leur demande rien de moins que de se substituer aux gouvernements.
Avec Captain America à leur tête, les plus puissants héros de la terre vont tenter de retrouver les villes volatilisées et leurs habitants, quitte pour cela à accepter de bien pénibles alliances.
Bientôt, ils découvrent que leurs ennuis proviennent d'une entité cosmique, l'Intermédiaire, qui incarne l'équilibre entre l'ordre et le chaos. Cet être s'est scindé en deux et est à l'origine des failles qui ont englouti les grandes cités du globe.
Reste aux Vengeurs à recoller les morceaux métaphysiques...

Grosse fournée ce mois dans la collection à petit prix de Panini. Celle-ci avait commencé avec des arcs plutôt récents et de bonne qualité (Spider-Man : La Grande Alliance, Green Lantern : Origine Secrète) et se poursuit avec cette histoire, plus ancienne et largement moins enthousiasmante.
Aux commandes, Geoff Johns (Blackest Night, Flash : Rebirth, Green Lantern : The Sinestro Corps War, Superman : New Krypton, Olympus, Green Lantern Corps : Recharge, Superman : Secret Origin) au scénario et Kieron Dwyer & Gary Frank au dessin. La saga comprend les épisodes #57 à #62 de la série Avengers (v. 3), ceux-ci datent de fin 2002/début 2003 et, pour donner un repère chronologique, se situent un peu avant le Règne de Thor.

Première constatation, Johns passe complètement à côté de son sujet. L'aspect politique, qui semblait pourtant au coeur de la saga, est complètement édulcoré. A aucun moment les Vengeurs ne gouvernent vraiment le monde, ni même ne semblent en avoir vaguement l'idée (on est loin de The Authority par exemple). Tout se limite à un vague effet d'annonce et se termine (aussi vite que ça a commencé) par la reconnaissance d'une extraterritorialité, le manoir des Vengeurs devenant une ambassade et sa souveraineté étant reconnue par l'ONU. Cette péripétie est d'ailleurs on ne peut plus improbable et mal fichue. L'on voit clairement dans le récit que le gouvernement américain ne se réjouit guère de cette décision et n'a aucune envie de voir les Vengeurs dépendre d'une autre autorité que la sienne. Du coup, comment l'ONU (organisation dans laquelle les Etats-Unis disposent d'un droit de veto) peut-elle déclarer indépendante une partie du territoire d'un état membre, et ce contre sa volonté ? Mystère.

La partie vilains & combats est franchement convenue et ennuyeuse, les scènes se révélant poussives et les dialogues d'une platitude incroyable (la VF ne doit rien arranger à l'affaire sur ce plan). Même si les thèmes oscillent vers ceux des comics modernes, la narration ne s'est pas débarrassée de tics d'un autre temps. Tics que Johns a d'ailleurs conservés, même s'il parvient maintenant (et encore, pas toujours) à les masquer un peu (on compare souvent le rôle de Johns chez DC à celui de Bendis chez Marvel, mais c'est un gouffre qui sépare les deux hommes au niveau du savoir-faire). 
L'aspect relationnel parvient cependant à sauver les meubles de justesse. Les rapports entre la Vision et Wanda Maximoff, bien que peu creusés, préfigurent déjà les désastres futurs (cf House of M) et, surtout, les problèmes qui touchent le Valet de Coeur et l'Homme-Fourmi sont suffisamment bien amenés pour permettre de donner de l'épaisseur à ces personnages secondaires.
Le final, instaurant un parallèle entre ces deux protagonistes, est à ce titre exemplaire et émouvant. Mais deux planches sur six épisodes, c'est évidemment un peu court...

Les Avengers menés par Johns, surtout à ce prix, devraient trouver un nombre suffisant de curieux.
Malheureusement, cette sélection est bien loin de représenter la richesse de l'univers des Vengeurs ou le ton actuel des séries qui leur sont consacrées.



ps : pour une fois, je vais faire un peu de pub pour une excellente librairie : Hisler BD Bis, située à Thionville en Moselle (centre commercial Géric, zone du Linkling). L'accueil y est fort sympathique, le choix énorme et les vendeurs sont de vrais connaisseurs, aimables et efficaces. ;o)