23 mai 2011

Olympus : quand Geoff Johns va se faire voir chez les Grecs

Des pirates associés bien involontairement à des archéologues pour lutter contre des créatures issues de la mythologie grecque, voilà ce que nous réserve Olympus.

Gail Walker, professeur d'archéologie, offre une petite séance de plongée sous-marine à ses élèves afin de célébrer la fin de leur séjour en Europe. Ils ont à peine le temps de se pencher sur une magnifique amphore découverte dans une épave qu'ils sont abordés par des hommes armés qui prennent le contrôle de leur petite embarcation.
La situation s'envenime encore quand, pris dans une tempête, ils échouent sur une île étrange sur laquelle ils vont être accueillis par... un cyclope !
D'autres créatures fantastiques menacent la petite équipe qui, pour pouvoir mettre fin au cauchemar, doit replacer la fameuse amphore - en fait la boîte de Pandore - dans un temple situé au sommet de l'île.
Une mission périlleuse qui ne sera pas réalisée sans quelques décès violents.

L'on reste chez les Humanos avec Olympus, réédité sur le même principe que Flywires ou I am Legion. L'équipe créative est franchement prometteuse puisque l'on retrouve Geoff Johns (Superman : Secret Origin, Blackest Night, Green Lantern, Flash : Rebirth, Green Lantern Corps, Superman : New Krypton...) & Kris Grimminger au scénario ainsi que l'excellent Butch Guice (Ruse) au dessin.
Niveau concept, là encore une très bonne idée de départ qui puise largement dans la mythologie classique et oppose les créatures les plus emblématiques à un groupe improbable qui tentera de se défendre en utilisant son savoir (les archéologues, la "tête" du groupe) et ses flingues (les pirates, les "muscles", souvent inefficaces d'ailleurs). Tout est réuni pour accoucher d'un chef-d'oeuvre et, pourtant, on en est loin.

Tout d'abord, malgré la centaine de pages qui constitue le récit, ce dernier se révèle très court. L'on a l'impression d'assister à un film en accéléré où de nombreuses étapes sont sautées. Les relations entre la bande de malfrats et leurs otages sont caricaturales et à peine exploitées (l'on retrouve le boss, qui se révèle être un brave bougre, le salaud de service et les figurants destinés à se faire occire de moult manières). 
Pire, la mythologie, pourtant une source d'inspiration inépuisable, n'est que survolée également. Cyclope, Minotaure, Méduse, Sphinx, tous défilent rapidement, certains pour ne faire qu'une brève apparition, un peu comme si les auteurs s'étaient sentis obligés de faire figurer les "vedettes" du catalogue sans trop se soucier de les intégrer à l'intrigue. Le Sphinx et son énigme pourrie remportent d'ailleurs la palme du ridicule.
Il faut encore ajouter au tableau des scènes de combat souvent confuses et un final gnangnan au possible. Le résultat n'est pas désastreux pour autant (le début est très bien mené), mais ce comic sera vite oublié et relégué au rang de l'anecdotique.

Notons qu'un sketchbook de dix planches complète l'ouvrage. Les illustrations sont magnifiques et laissent du coup encore plus un sentiment de gâchis.

Un scénariste phare, un dessinateur surdoué, une thématique riche et une idée de départ enthousiasmante ne sont pas forcément un gage de réussite. Là où l'on attendait le feu sacré d'un volcan, la magie de l'Olympe se révèle aussi peu impressionnante que la flamme vacillante d'une allumette.
Décevant.