22 février 2007

Daredevil : Decalogue

C'est toujours avec une grande impatience et une joie presque infantile que j'attends un Bendis. Il fait partie de ces rares auteurs qui ne vous déçoivent que rarement et qui vous font pénétrer dans leur univers avec une apparente facilité qui n'arrive pas à cacher entièrement leur talent (et leur travail surtout, "talent" étant le mot poli pour dire "j'ai bossé 10 heures par jour pendant 10 ans avant de pouvoir pondre une histoire correcte").
Cette fois, nous retrouvons donc Brian Michael Bendis pour son avant-dernier arc sur la série Daredevil. Il est toujours accompagné de Alex Maleev, dont les dessins, au graphisme si particulier, accentuent encore la touche "polar" de l'histoire. Les 5 épisodes de "Decalogue" sont regroupés dans le tome 12 (disponible dès aujourd'hui) des 100% Marvel consacrés à l'homme-sans-peur.
Vous vous souvenez sans doute que tout n'a pas été facile ces derniers temps pour Matt Murdock (un petit retour en arrière ? click). Identité secrète révélée publiquement, échec de son mariage, grosse déprime, l'avocat a traversé une période mouvementée pour le moins. "Le Décalogue" revient en fait sur des évènements se déroulant après que Daredevil se soit proclamé nouveau "caïd" de Hell's Kitchen (besoin d'une carte pour situer l'endroit ? reclick). Quelques habitants du quartier se réunissent dans une église pour former un groupe de discussion sur Daredevil et son influence dans leur vie quotidienne. Il n'y a pas foule mais l'on se rend vite compte que les personnes présentes ont eu leur lot de souffrances, souvent liées au diable rouge. Elles viennent là pour chercher des réponses bien sûr, pour savoir si ce type à l'allure satanique est une menace ou un fol espoir, mais elles viennent aussi pour se confier, pour vider le trop-plein de leurs âmes rongées par la vie. Meurtre, agression, prison, les secrets valsent et amènent avec eux des relents de souffre. Les discussions entamées dans la petite église convergent toutes inexorablement vers le même point commun : Daredevil. Toujours lui. Toujours son ombre qui plane, son nom qui revient comme un lancinant et fatal leitmotiv.

Je vais radoter (j'entends déjà les mauvaises langues dire que l'âge n'y est pas pour rien) : encore une fois j'ai trouvé Bendis fort bon. Pourtant, je guette hein, je suis à l'affût, mais non, pas la moindre trace d'ennui lorsque je plonge dans ses récits actuels (je suis plus réservé sur certains de ses polars indépendants mais bon, c'est une autre histoire). Les dialogues sont excellents, le déroulement de l'intrigue parfait et en plus j'adore sa coupe de cheveux (j'ai la même [oooh, révélations !!!]) lol. Maleev, ben pareil, son style est très typé (un peu comme du Gaydos pour vous donner une vague idée) mais magnifique. Bref, une réussite et ça ne coûte que 11 euros. Un peu moins même sur Amazon avec en plus le port gratuit. Ah, vous voyez que vous n'avez plus aucune bonne raison de vous en passer ! ;o)