11 janvier 2008

Opération Clandestine

Bien avant Civil War, lorsque Nick Fury dirigeait encore le SHIELD, une opération impliquant plusieurs héros bien connus et visant un pays européen a été montée dans le plus grand secret. Si cela vous avait échappé à l'époque, pas de panique, Secret War (à ne pas confondre avec Secret Wars) débarque en Marvel Deluxe.

De nombreux criminels de second plan utilisent depuis fort longtemps un matériel relativement coûteux sans aucun rapport avec leurs revenus. Si l'on sait que le Bricoleur joue un rôle important en ce qui concerne l'équipement high-tech des super-vilains, le SHIELD vient, lui, de découvrir que le financement provient en fait directement de Latvérie (précisons qu'à l'époque, ce n'est plus Fatalis qui dirige le pays mais Lucia von Bardas).
Le président des Etats-Unis refusant d'engager une action directe contre l'état latvérien, Nick Fury décide d'agir clandestinement et, pour cela, recrute quelques Masques. Spidey, Wolvie, Daredevil, Cap, Luke Cage et la Veuve Noire se retrouvent ainsi impliqués dans une vaste opération, aussi illégale que dangereuse, consistant à renverser un gouvernement officiellement allié.

L'histoire avait déjà été publiée en kiosque dans la collection Marvel Mega (je vous en avais déjà parlé ici il y a maintenant presque... deux ans ! bigre, le temps passe !) mais il faut reconnaître que les somptueuses peintures de Gabriele Dell'Otto méritaient bien une réédition librairie. Quand en plus on lui associe Bendis au scénario, on suppose déjà que la qualité est au rendez-vous. Petit problème, un Deluxe (qui coûte 25 €) contient en général douze épisodes, comment alors remplir le binz avec une saga en seulement cinq chapitres ? Tout d'abord, il existe du matériel additionnel, représentant les dossiers secrets du SHIELD, qui complète l'histoire. On a donc des retranscriptions d'interrogatoires, des fiches (assez nombreuses) sur les personnages, des articles de journaux, des e-mails, le tout sous une forme très informatisée qui convient bien au sujet et renforce l'ambiance "barbouzarde".
Malgré tout, Panini était quand même encore trop juste niveau planches, du coup pour une fois, il y a pas mal de bonus : covers, croquis, synopsis, études sur les nouveaux costumes des persos (trop peu mis en valeur dans l'histoire d'ailleurs), ainsi que diverses infos sur la conception du projet. On a donc vraiment l'impression de faire le tour de la question même si l'histoire en elle-même est vite avalée.

Avec ses personnages de premier plan, une équipe créative talentueuse et une intrigue moderne puisant largement dans l'actualité, Secret War s'affirme très probablement comme l'un des incontournables de ce mois (avec la Saga du Clone dont je vous parlerai plus longuement bientôt). L'investissement reste néanmoins conséquent, surtout pour ceux qui possèdent déjà les épisodes kiosque, mais le graphisme mérite sans nul doute les quelques millimètres glanés en hauteur et largeur.