26 octobre 2010

Réponse aux accusations et pleurnicheries de Thomas Rivière

Suite à un article sur les French Comics dont je suis l'auteur et qui a été publié dans le magazine Geek, Thomas Rivière se plaint de ne pas voir Anonyman être cité (cf son post). Petite explication.

D'une part, aucune oeuvre n'est incontournable, je trouve même assez hallucinant qu'une personne qui s'est bombardée auteur et éditeur puisse avoir la prétention d'être un "précurseur" (ce qui est faux, Rivière n'a pas inventé le french comics, évidemment, et ce n'est pas non plus le seul à être distribué dans les réseaux professionnels, contrairement à ce qu'il prétend).
D'autre part, mon travail a consisté à mettre en avant ce qui me semble être les oeuvres les mieux conçues et les plus représentatives de la vague de publications de qualité qui se dégage ces derniers temps. Cette qualité est totalement absente d'Anonyman, de l'aveu même de son co-scénariste, Alexandre Bouscary, qui m'a notamment dévoilé les "méthodes" de travail de Rivière, méthodes tout aussi violentes et condescendantes que ses habitudes sur le Net. Cela représente tout ce que je déteste dans l'édition : une vue à très court terme, un mépris évident du lectorat, une méconnaissance totale du rôle de l'éditeur qui est réduit ici à un simple imprimeur, et cetera.
Sans parler évidemment de LSA, une véritable catastrophe sur le plan scénaristique et éditorial, que j'avais pourtant chroniquée et qui m'avait valu à l'époque d'être traité de "balai à chiotte" (cf cet article) par Thomas Rivière (selon lui, si l'on ne tombe pas d'admiration devant ce qu'il produit, on est forcément un connard, ça ne l'empêche pas de se plaindre ensuite et de se poser en victime quand on ne parle pas de lui).

Bref, j'avais donc deux solutions :
- parler d'Anonyman pour en dire du mal, parce que c'est mal écrit et qu'une présentation luxueuse ne remplace pas un contenu réellement travaillé (et Rivière se serait plaint)
- ne rien en dire, d'autant que la place qui m'était impartie était limitée et que j'ai déjà dû faire l'impasse sur des oeuvres magnifiques, profondes et travaillées, comme Entre-Monde (et Rivière se serait plaint tout autant, c'est d'ailleurs le cas)
Dans les deux cas, le petit monsieur n'aurait pas été satisfait, j'ai donc préféré mettre à l'honneur ce qui, à mes yeux, en vaut la peine (je développe et explique suffisamment dans mes chroniques les points qui me paraissent intéressants dans chaque oeuvre pour que je ne puisse pas être soupçonné de manque d'impartialité ou de copinage), d'autant que, malgré ce qu'il semble croire, le monde ne tourne pas autour des moindres faits et gestes du très prétentieux boss des "éditions" Merluche.

Enfin, je précise que je travaille évidemment sous la direction d'un rédacteur en chef, qui valide mes articles et n'hésite pas à m'indiquer s'il souhaite que je parle d'un titre en particulier. Ce dernier a notamment, entre autres, insisté sur le fait qu'il lui semblait normal de parler de Strange, publié par Organic Comix, une association qui existe depuis 20 ans et qui figure parmi les véritables précurseurs. De même, dans les comics que j'ai choisi de développer le plus, figurent tout de même des oeuvres comme La Brigade Chimérique et VHB ! Excusez du peu ! Et encore, on a dû couper notamment l'interview de Serge Lehman, qui est un écrivain passionnant à la vaste culture.
Voilà tout de même des séries qui méritent un peu plus d'intérêt qu'un Anonyman écrit à la va-vite pour "privilégier le fun" (Rivière ignore bien sûr que même le fun, ça se travaille). Il ne s'agit donc pas de rancoeur, ni même d'être exhaustif, Geek étant un magazine généraliste, mais de faire découvrir aux lecteurs ce qui vaut la peine d'être lu.
Et puis ça s'appelle aussi un peu la liberté de la presse, c'est fou de vouloir tenter d'imposer sa présence et d'essayer ensuite de discréditer l'ensemble du travail d'un magazine juste parce que l'ego surdimensionné de Rivière n'est pas satisfait.

Donc non, Thomas Rivière et son Anonyman, contrairement à ce qu'il pense, ne sont pas incontournables dans le cadre d'un dossier sur les french comics, notamment parce que l'on trouve dans cette tendance des BD bien plus abouties que la sienne, mais également parce que, humainement, leurs auteurs ont souvent, eux, un comportement adulte et sympathique et ne se mettent pas à traîner les gens dans la boue dès qu'on fait une remarque sur leur travail.

Plutôt que de jouer au gamin capricieux sur son blog, je conseille donc à Rivière de travailler un peu sur ce qu'il publie (même beaucoup vu le niveau d'où il part) et d'éviter d'insulter publiquement les personnes qui prennent la peine de faire de la publicité à ses oeuvres.
Peut-être cela incitera-t-il plus les magazines à parler de lui...