16 octobre 2010

Spider-Man : La Saga du Clone revisitée

Le Spider-Man hors série #32, sorti hier, propose une relecture très condensée de la célèbre Saga du Clone. Incontournable ou superflue ?

Pour changer, la tante May de notre brave Tisseur est à l'article de la mort et se retrouve à l'hôpital. Rien de bien surprenant donc, sauf que cette fois, Peter trouve à son chevet... un type qui lui ressemble trait pour trait !
Il ne va pas tarder à découvrir qu'il s'agit d'un clone qu'il croyait mort depuis longtemps. Ce dernier, sous le nom de Ben Reilly, a vécu sa vie loin de Parker et de sa famille, résolu à n'être qu'une pâle copie de Peter.
Pourtant, un ancien ennemi de Spider-Man va rentrer en jeu et brouiller les pistes, insinuant que le clone ne serait peut-être pas celui que l'on croit. Pour Peter, c'est peut-être le moment de raccrocher ses lance-toiles et de passer le relai. D'autant que Mary Jane attend un heureux évènement. Ben obtient ainsi ce qu'il n'espérait pas. Une famille, une vie bien à lui et le rôle de... Spider-Man.
C'est désormais lui qui va patrouiller dans les rues de Manhattan et s'occuper des Octopus et autres cinglés du même genre.

Retour donc sur une saga qui, en son temps, avait fait trembler Marvel et chuter les ventes de son personnage phare. Il faut dire que la polémique avait été à la hauteur de celle provoquée plus récemment par One More Day, sauf que les moyens employés pour "rebooter" le personnage étaient finalement bien meilleurs qu'un tour de magie made in Mephisto. L'histoire originale est disponible en Omnibus, l'on avait également eu droit à la version Ultimate, au retour de Reilly dans Amazing Spider-Man, l'on est du coup un peu en droit de douter de l'intérêt d'une telle mini-série.
Le scénario est signé conjointement par Tom DeFalco et Howard Mackie, les dessins sont de Todd Nauck. Visuellement, le résultat est plutôt sympa, mais le récit, lui, n'apporte pas grand-chose de neuf à cette période de la vie de Spidey. L'on retrouve Kaine, le Chacal, le moment où Scarlet Spider devient le nouveau Spider-Man, bref, à part des changements finalement mineurs et des évènements bien plus compressés, pas de quoi vraiment s'enthousiasmer. Au pire, cela permettra aux nouveaux lecteurs de découvrir les premiers pas de Ben Reilly sans avoir à se ruiner pour un Omnibus.

Pour la partie adaptation, c'est du Panini, donc le festival commence dès la deuxième de couverture. A côté de l'édito sont présents des dessins des personnages principaux afin de les présenter. Sauf que nos champions parviennent à se planter et à confondre le Chacal avec le... Bouffon Vert (c'est pas comme si le Bouffon était un personnage connu hein, normal qu'on puisse le confondre avec n'importe quel connard en vert).
La présentation de la saga originale, dans l'édito, est également assez stupéfiante. Elle y est décrite comme "apportant un vent de fraîcheur qui a subjugué les lecteurs", étant "dépassée par sa popularité" et "hissant Spider-Man encore plus haut". C'est tout de même un poil exagéré, et surtout c'est faire peu de cas du développement très anarchique de l'histoire (qui n'en finissait pas et confinait parfois à l'absurde), tout comme de la réaction, brutale, des lecteurs qui n'acceptèrent pas l'astuce du clone pour débarrasser Parker de sa - déjà - trop encombrante épouse. Le tollé fut immense et la Maison des Idées, mal en point financièrement à l'époque, faillit ne pas s'en remettre. D'ailleurs, d'un pur point de vue artistique, la Saga du Clone, même si elle possède de bons moments, n'a rien d'une réussite absolue et comporte de nombreux épisodes tout à fait dispensables et ennuyeux à souhait.
Cette présentation quelque peu tendancieuse serait-elle due au fait que Panini nous incite ensuite à nous procurer les fameux Omnibus ? Sans doute, mais voilà encore la preuve de leur incompétence et de leurs méthodes de marchands de tapis. La Saga du Clone est suffisamment importante, voire historique, pour susciter la curiosité des lecteurs sans pour autant en faire un chef-d'oeuvre qu'elle n'a jamais été. De plus, c'est avoir là une vision à bien court terme pour un éditeur. Car mentir pour vendre un livre peut fonctionner une fois, deux à la rigueur, mais à la troisième "merveille" que l'on tente de vous fourguer, une légère méfiance devrait logiquement commencer à s'installer. Lorsque l'on a comme but de vendre plus que deux livres, ce qui est le cas je pense de Panini, la communication devrait donc se teinter d'un minimum d'objectivité, histoire de créer un climat de confiance... mais ça, ce serait dans un monde idéal. Et dans un monde idéal, des vendeurs d'autocollants ne seraient pas abusivement bombardés éditeurs.

Une mini-série, hors continuité, qui manque de panache et n'apporte que très peu d'éléments nouveaux à une saga qui revient étrangement à la mode ces temps-ci.

ps : l'origine du clone qui deviendra plus tard Ben Reilly remonte à 1975 et est contée dans cette Intégrale.