21 octobre 2010

Spider-Man : Intégrale 1980

Sortie hier du tome #21 des Intégrales Spider-Man, avec toute la production de l'année 1980. Et si je vous dis qu'une certaine Geneviève est en charge de la traduction, vous aurez vite compris qu'il faut vous attendre au pire.

Au sommaire de ce volume, douze épisodes d'Amazing Spider-Man (du #200 au #211), plus un annual, dessiné d'ailleurs par Frank Miller. A l'écriture, l'on va retrouver Marv Wolfman, Denny O'Neil ou encore David Michelinie. Parmi les dessinateurs, l'on peut citer Keith Pollard, John Romita Jr, Jim Mooney ou John Byrne.
Pas forcément l'année la plus palpitante pour le Tisseur. On commence avec un petit affrontement l'opposant au malfrat ayant naguère tué son oncle. Par la suite, Spidey va devoir faire face à Mesmero, Kraven, Fusion ou le très kitsch Luminex. Parmi les guests, l'on notera la présence du Punisher et de Black Cat, ainsi qu'une très courte apparition de Spider-Woman.
Rien que du très classique en somme, avec l'habituelle tantine souffreteuse et un Peter Parker qui voit sa vie sentimentale être contrariée par son activité de justicier costumé. A cette époque, il flirte d'ailleurs avec Debbie Whitman, une fille plutôt insipide mais à la patience infinie si l'on en juge par le nombre de fois où Parker la plante.

Rien d'extraordinaire donc dans cet ouvrage si ce n'est qu'il est presque intégralement traduit par la Gengis Khan du Verbe, l'Ultimate Translator ayant donné des sueurs froides à toute une génération de lecteurs, je veux bien sûr parler de l'inestimable Geneviève Coulomb (dont on peut admirer les frasques dans X-Men Forever, Le Rédempteur ou encore X-Men : The 198). C'est elle, entre autres, qui traduit 9/11 par "9 novembre" ou qui tente régulièrement de créer ses propres expressions.
On commence par les fautes habituelles. En vrac, l'on trouve un joli "le Punisher m'a tiré à balles anesthésiantes", un très bon "il faut que je le fasse parler... de façon ou d'autre", mais aussi "je ne meurs pas si pour si peu", "que dal", "la vielle", "s'enlève" à la place de "s'élève", bref, je n'ai pas tout relevé. Si l'on ajoute à cela les erreurs de ponctuation et une impression très moyenne avec parfois un encrage qui bave, ça donne déjà une bonne idée du professionnalisme de Panini.
Par contre, sans que cela soit réellement des erreurs sur le plan de la syntaxe, il faut tout de même évoquer le style ahurissant choisi par Coulomb. Les récits se déroulent en 1980, mais on a l'impression d'être dans le Paris d'avant-guerre ! Petite sélection des termes et expressions employés à longueur de planche par notre traductrice expérimentale : "tu mords le topo !", "mon rigolo" (en parlant d'un flingue), "le schnick", "rachtèque", "foutraque", "je suis allé piquer l'artiche", "le môme Parker", "je galéjais pas", "arsouille" et un "chmilbliz" sorti de nulle part et qui doit vaguement être inspiré par le célèbre schmilblick. En fait, elle est en train d'écrire un dictionnaire d'argot des années 30 !
Du coup, lorsque Laurence Belingard prend les commandes pour le dernier épisode, on a l'impression de faire un bond dans le temps. Le soulagement est immédiat mais difficile de se satisfaire de ce revirement tardif, surtout avec un prix aussi élevé (28 euros) et des covers réduites.

D'un point de vue (involontairement) comique, c'est très réussi. D'un point de vue éditorial, c'est à peine croyable, on touche vraiment le fond. Jamais un travail pareil ne serait validé par un véritable éditeur.
Du Panini dans toute sa splendeur.